Les instituteurs squattent l’école pour dénoncer les réformes de Darcos

Vallauris

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Photo : Frantz Bouton
Des enseignants déterminés ont dormi la nuit dernière dans une classe de CP de l’école Langevin 1. Ils voulaient afficher de manière symbolique leur opposition aux réformes annoncées par leur ministre et qui agitent le monde de l’éducation.

Hier soir dans une classe de CP. Sur une table, des verres en plastique. Du jus d’orange. De l’eau pétillante. Des quiches faites maison. Mais aussi des gâteaux qui seront dévorés ce matin au petit-déjeuner… et des duvets posés sur des tapis de sol par terre.

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Au mur, l’affiche d’un livre pour enfants au titre évocateur : La colère d’Albert. C’est elle qui a motivé plusieurs enseignants à manger et dormir dans leur école la nuit dernière. ça s’est passé à Langevin 1. Une occupation des locaux pour défendre une certaine idée de l’école et du service public qui selon eux sont mis à mal par les réformes du ministre de l’Éducation nationale, Xavier Darcos.

Depuis le mouvement national de la rentrée, ils ont bougé, bien sûr. Mais hier, ils ont voulu une action plus singulière et symbolique. Pour marquer les esprits et réveiller les consciences. « La réduction générale des postes est aberrante, dans notre Académie, cela représente un poste perdu dans une école sur 10 note Emeric. La disparition des enseignants Rased (réseau d’aides spécialisées aux élèves en difficulté) n’est pas non plus acceptable, nous dénonçons aussi la menace qui pèse sur la maternelle, mais également la modification des formations initiales et celle du fonctionnement des écoles. Bientôt un enseignant à peine diplômé ira directement dans une classe sans y être préparé ». Des mots qui résonnent différemment ici, car on est en ZEP (zone d’éducation prioritaire).

Mission pédagogique auprès des parents

Avant de se transformer en militants-squatters, les enseignants ont poursuivi leur mission pédagogique mais en direction des parents. En leur proposant une séance d’informations pour leur expliquer le contenu de leurs revendications avec un leitmotiv : « L’école est en danger ». Et pour preuve de leur désintéressement : « à ce propos, sachez que les jours de grève ne sont pas payés. On perd au moins 60 euros à chaque fois ! ». L’exaspération transpirait dans chacune des interventions d’instit’. « On se bat pour les enfants, ce n’est pas une bataille des enseignants pour les enseignants », répètent à l’envie plusieurs profs. Certains sont syndiqués Snu-ipp, d’autres pas.

« ça concerne tout le monde ». Dans le collimateur, les décideurs politiques : « Le gouvernement va expérimenter les jardins d’éveil qui seront payants. Et dans ces derniers, les enfants ne seront plus avec des enseignants, ce ne sera que de la garderie. A terme, les petites et moyennes sections pourraient disparaître. Notre maternelle était de qualité et aujourd’hui, on veut la supprimer pour faire des économies ! ». « Tous les enfants ont perdu deux heures par semaine. Deux autres heures sont réaffectées pour les élèves en difficulté mais ce n’est pas satisfaisant d’autant plus que le personnel spécialisé qui s’occupait de ces enfants va disparaître (Rased) ».

Sophie Rambure
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