Intervention du vice président du sénat : Guy Fischer

Guy FISCHER

Sénateur du Rhône

Groupe Communiste Républicain et Citoyen

Vice-Président du Sénat

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Paris, le 13 novembre 2008

Monsieur le Président,

Mesdames et messieurs les ministres,

Mes chers collègues,

Ma question s’adresse à monsieur le ministre de l’éducation,

Depuis votre arrivée au ministère, la politique que vous mettez en œuvre apparaît aux yeux de nombreux enseignants, parents d’élèves et élus locaux,  comme visant à réduire l’offre éducative, qui est au service de l’intérêt général, et à désengager l’Etat de certaines de ses responsabilités, notamment  en direction des plus défavorisés.

Ainsi, dans  votre budget pour 2009, vous supprimez, par exemple, quelques 3.000 postes d’enseignants des réseaux d’aides spécialisées aux élèves en difficulté (les RASED).

Ces enseignants manifestaient en grand nombre hier à Lyon, et la suppression de ces RASED est l’un des motifs de l’appel à la grève des principaux syndicats des écoles le 20 novembre que nous soutenons.

Mais il y a aussi ce récent rapport d’information de notre Assemblée sur la mission de l’école maternelle, qui préconise des solutions allant tout à fait dans le sens des remarques désobligeantes, voire méprisantes, que vous aviez cru bon de faire sur les enseignants de ces établissements.

En effet, au lieu de recommander l’amélioration de l’accueil des enfants, dès l’âge de deux ans, et de réaffirmer l’obligation de la scolarité dès trois ans, ce rapport propose de créer une nouvelle structure, le « jardin d’éveil », nouvel avatar du bon vieux «  jardin d’enfants ».

Cette structure, imprécise sur le statut des personnels, les modes de financement et le projet pédagogique, risque aussi d’être une nouvelle charge pour les collectivités locales.

Je relève d’ailleurs avec inquiétude que vos collègues mesdames Morano et Amara sont venues ces jours –ci en assurer la promotion dans le quartier populaire des Minguettes à Vénissieux.

Si vous suiviez les recommandations de ce rapport, c’en serait finit de cette spécificité française qu’est la gratuité de la scolarisation des enfants de deux ans permettant l’égalité d’accès des familles à l’offre éducative.

En revanche, ce serait à coup sûr un nouveau désengagement de l’Etat et la perspective d’une aggravation des inégalités territoriales, mais aussi sociales.

Monsieur le ministre, ma question sera simple : quelles suites comptez-vous donner au rapport du Sénat ?

Renoncerez-vous  à faire disparaître les RASED ?

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