Darcos brocarde « la résistance » des syndicats « au changement » sur RTL

PARIS (AFP) — Xavier Darcos a brocardé jeudi sur RTL les syndicats de l’Education nationale « dont la fonction principale est la résistance au changement », estimant qu' »organiser de manière systématique » des grèves comme « réponse aux problèmes de l’école » était « démodé ».

L’Unsa-Education a déploré en ce jour d’une grève qui est une « réussite » selon elle, que le ministre de l’Education « continue de s’enfermer dans ses certitudes » et « continue à ne pas regarder ce qu’expriment » ceux qui « veulent changer le système éducatif ».

« Le ministre ne manque pas d’air. Il utilise la raillerie, la disqualification des interlocuteurs et se proclame le défenseur du +changement+ face au +conservatisme+ des syndicats et des personnels », a critiqué l’Unsa-Education.

Depuis 2000, a affirmé le ministre de l’Education nationale, « nous aurons eu 33 grèves, soit plus de quatre grèves par an ». « Cela montre qu’il y a dans ce ministère une culture de la grève qui nous empêche de parler des choses réelles, des questions qui concernent les élèves », a-t-il poursuivi.

« J’ai envie de dire à ceux qui font la grève qu’il faut qu’ils fassent attention parce que le monde, la France avancent plus vite que les cortèges ».

Pour lui, « organiser de manière aussi systématique et si répétitive comme réponse aux problèmes de l’école des protestations, des refus (…) est une (façon) démodée d’aborder les problèmes ».

Reconnaissant que la grève qu’il « entendait » allait être « importante », M. Darcos a fustigé « la résistance des cadres syndicaux ». C’est « la preuve, a-t-il dit, que ce que nous faisons est efficace ». Il a prédit qu’il y aurait « moins d’un gréviste sur 2 dans le second degré »

« Par définition, depuis que nous organisons le travail à l’éducation nationale, il y a une résistance des appareils qui n’est pas celle des professeurs. Les professeurs méritent mieux que d’avoir des syndicats dont la fonction principale est d’organiser la résistance au changement comme si le monde ne changeait pas autour de nous », a-t-il poursuivi.

Le ministre a estimé que « les Français auront le sentiment d’avoir vu cela 30 fois ». « La casse du service public, le manque de moyens, la colère des personnels, le ministre qui n’entend pas, le mépris. Combien de fois, a-t-on entendu cela depuis une trentaine d’années? ».

S’agissant des suppressions de postes, motif principal de la grève jeudi, Xavier Darcos a répété que « la question » était celle « des services » rendus par l’Education et de l’amélioration de la rémunération des enseignants. « Avoir de nouveaux services oui, mieux payer les enseignants oui. On va dépenser 410 millions d’euros pour améliorer la condition des enseignants », a-t-il dit.

Interrogé sur le service minimum d’accueil (SMA) dans le primaire que nombre de communes de gauche n’appliqueront pas, il a fait valoir qu’il s’agissait « d’une pure question politique ». « Il y a des mairies de gauche où les parents vont avoir la double peine (pas d’accueil des enfants, prise d’un jour de congé pour les parents), des communes de gauche où il y a les congés forcés ».

« Je ne vois pas pourquoi il y aurait les congés forcés Delanoë à Paris et les congés forcés Collomb à Lyon », a-t-il dit.

Quant aux sanctions infligées aux communes ne mettant pas en oeuvre le SMA, il a affirmé que « dans certaines villes du Sud, les tribunaux administratifs ont créé des astreintes de 10.000 euros par heure pour les villes qui ne le feront pas ».

La vice-présidente de la Fédération des parents d’élèves de la Peep (2ème dans le public) a déploré jeudi le fait que de nombreuses municipalités n’aient pas mis en place de service d’accueil.

« Dans une période de crise comme aujourd’hui, une journée de travail perdue pour certaines familles c’est énorme », a estimé Corinne Tapiero sur France 2.

Elle a affirmé que des parents d’élèves et des étudiants étaient prêts à participer au service minimum d’accueil dans l’académie de Paris « dans les écoles et pas dans des appartements car ce serait trop facile ».

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