Compte rendu de la délégation reçue le 4 novembre à l’Assemblée Nationale

Le 04 novembre 2008, une délégation des 3 associations professionnelles (FNAME, AFPEN & FNAREN) était reçue à l’Assemblée Nationale par des députés du groupe PS,pendant l’examen du budget de l’éducation nationale.

Constitution de la délégation des associations professionnelles : Brigitte CORITON & Nadine

JUHEL (pour la FNAME) ; Daniel TRAMONI & Isabelle LE PORCHOU (pour l’AFPEN) ; Jean-Paul

MARTEGOUTTE & Loïc DOUET (pour la FNAREN).

Du côté des députés, il y avait :

– M. Jean-Marc Ayrault, président du groupe PS (présent pendant la majeure partie de l’entrevue).

À noter qu’il était présent sur invitation de Mme Mazetier qui a précisé vouloir ainsi honorer cette entrevue et en souligner l’importance.

– Mme Sandrine Mazetier, vice-présidente du groupe PS, chargée de l’éducation auprès de qui la
demande d’entrevue avait été négociée.

– Plusieurs députés (5) dont nous n’avons pas noté tous les noms, (parmi eux) :

– M. Bruno Le Roux

– M. Patrick Roy

ont été présents un temps – selon leurs disponibilités – les discussions dans l’hémicycle se poursuivant.

Durée de l’entrevue : 1 H 15 environ.

À noter que les représentants des associations n’étaient pas porteurs d’un texte ou d’un
questionnaire écrit et précis mais d’objectifs :

– faire entendre la voix des Rased

– aider à l’élaboration d’un argumentaire contre la suppression annoncée des RASED

– apporter des  explicitations aux zones d’ombres

– faire remonter la réalité du terrain

– exprimer notre souci de voir maintenues, dans le service public, toutes les aides dont les enfants / élèves ont besoin à l’école.

– penser aux zones sensibles où le trop plein d’élèves en difficulté ne pourront pas, voire jamais bénéficier d’une aide hors d’un dispositif RASED.

– soutenir les équipes de la communauté éducative, être le relais et l’interface entre l’école, la famille, les services de soins extérieurs.

– rappeler que les personnels RASED sont au service des élèves en difficulté non seulement scolaires mais aussi sociales , relationnelles, cognitives et psychologiques pour leur permettre d’être élève un jour, puis adulte et citoyen dans notre société de demain.

– faire part des inquiétudes

– exprimer des demandes

L’entrevue s’est donc déroulée sous forme d’une conversation / échange.

Mme Mazetier a ouvert la discussion en faisant une remarque d’appréciation de notre mobilisation
au moment du vote du budget. Elle a ensuite fait mention d’une intervention de député socialiste, ce matin dans l’hémicycle, pour s’inquiéter de la suppression de postes dans l’Éducation Nationale. Elle nous a informés que le groupe socialiste allait déposer des amendements budgétaires en fin d’après-midi. De même, en fin d’examen du budget (vers la fin nov.) d’autres amendements sont prévus sur les recettes fiscales de l’état. Elle a ensuite donné la parole aux associations en sollicitant des informations sur nos demandes, nos actions et nos arguments. Elle s’est dite intéressée pour entendre nos arguments, en tant que députée ayant elle même à argumenter ses prises de positions.

Les trois associations ont pu s’exprimer à propos de :

– La nécessité de la double mission des Rased : prévention, re médiation.

– L’importance du travail de médiation / mise en lien avec les collègues de classes, les familles, les
différents établissements spécialisés et partenaires de soins.

– L’importance de la formation professionnelle à l’aide spécialisée. De la masse de connaissances,
de recherches, de savoirs professionnels qui risquent de disparaître si les maîtres spécialisés n’exerçaient plus en tant que maîtres spécialisés et dans le cadre qui le leur permet.

– Le caractère poly-factoriel des difficultés scolaires rencontrées par les élèves. Et, de ce fait, l’importance d’une part de l’analyse, d’autre part de la recherche de solutions. Il ne saurait y avoir
de réponse unique comme le propose Xavier Darcos  avec l’aide personnalisée. La présence des
trois spécialisations au sein de l’équipe de Rased permet ce travail d’analyse / recherche /
propositions.

– L’aide personnalisée et l’aide spécialisée : ne s’adressent pas aux mêmes élèves  et n’ont pas  le
même cadre. Une articulation entre les deux types d’aides étant à construire.

– L’intérêt d’une évaluation du dispositif Rased : il semble inconcevable de vouloir supprimer un
dispositif sans cela. D’autant plus que la dernière évaluation, parue dans l’ouvrage Miroir du débat  fait état d’un regard positif sur les Rased.

– Le rôle important des Rased pour la diminution de l’échec scolaire. Par le nombre d’élèves aidés
« dont on n’entend plus parler ensuite » Ce nombre pourrait être plus important si l’ensemble des

Rased étaient complets (les trois spécialisations représentées). On peut penser que ces élèves non aidés, faute de la présence d’un Rased, grossiraient les chiffres de l’échec scolaire, et, de la violence sociale –l’un pouvant entraîner l’autre. Il est à noter que dans les collèges, où l’aide spécialisée n’est pas présente, la violence est plus importante.

– (en réponse à une question de député qui n’a pas entendu parler de menaces sur les postes de
psychologues scolaires) Certes pas de menaces dans un premier temps, mais les psychologues
scolaires n’ayant pas de statut particulier – ils sont par leur grade des professeurs des écoles mais
par leur formation, leur titre et leurs missions, des psychologues – pourraient aussi être « remis »
dans des classes et être remplacés par des vacataires. De plus, le travail d’un psychologue scolaire
seul est très différent du travail en équipe de Rased.

– La contradiction entre la volonté affichée du gouvernement à la prise en compte du handicap par
l’École et l’abandon d’une réelle prise en compte de la difficulté scolaire. Que deviendraient ces
élèves en difficulté et non aidés. Une fois en échec scolaire, envisage-t-on pour eux, un retour aux
classes  fermées. Ce qui serait l’opposé de l’intégration que l’on propose aux élèves en situation de handicap.

– Sans les Rased pour faire les liens entre les différentes aides qui peuvent être proposées à un
enfant à l’école et hors l’école (services de soins) pour expliquer les procédures…aux différents
partenaires, on peut imaginer que des situations vont se détériorer faute d’avoir été explicitées au
moment opportun.

– (après avoir évoqué des situations précises d’enfants / élèves) L’intérêt de dépasser un débat gauche / droite pour un débat humaniste. C’est de la cause des enfants / élèves en général et de la mission de l’école pour tous et chacun dont il est question.

Les députés présents se sont exprimés ou ont questionné à propos de :

– Leur acquisition à notre cause.

– La difficulté de discussion au sein de l’Assemblée, et leur recherche d’arguments face à : un « déni » du ministre de l’Éducation Nationale, face à la supercherie de la « sédentarisation des
enseignants spécialisés comme amélioration de l’aide pour les élèves » par des députés UMP.

– Leur « souci d’avoir le soutien populaire » – la nécessité d’« informer » d’« alerter » la population.

À ce sujet, ils nous ont demandé « quel écho » a le mouvement engagé, « comment » est-il engagé, et ce qui est « envisagé pour la suite » ? « Vous (les associations professionnelles présentes) avez un rôle à jouer sur la maturation populaire »

– L’intérêt qu’ils portent aux 100000 signatures récoltées sur la pétition et au fait qu’il y ait des signatures de parents, de non enseignants de Rased. « On touche quelque chose (les Rased) de reconnu » « reconnaissance construite au fil des années »

– Leur accord sur la portée humaniste du débat. À ce sujet, ils nous ont suggéré d’élargir nos
rencontres vers les élus (députés – y compris UMP, maires…)

– Leur accord sur la contradiction entre la politique en faveur de l’intégration scolaire des enfants en
situation de handicap et la mise de côté de l’aide spécialisée aux élèves en situation de difficulté
scolaire.

Les députés présents ont montré leur intérêt aux explications données à propos du fonctionnement
de Rased, des missions et rôle de celui-ci, à travers leurs questions et leurs prises de notes.

En conclusion :

il nous a été suggéré d’élargir l’impact de notre mouvement « vers la population »
d’ « inclure les familles » dans la participation à notre mouvement, de « faire venir les témoignages de familles, d’enfants » – « C’est cela qui aura du poids » – Ainsi que les « cas concrets » relatés.

Il nous a également été proposé d’être « disponibles quand le débat sur les rythmes scolaires s’ouvrira ».

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