Archive pour novembre 2008

Main basse sur l’école publique

Dimanche 30 novembre 2008

Un excellent article d’Anne BRIGAUDEAU:

Xavier Darcos veut-il démanteler l’école publique? Oui, répondent les auteurs d’un livre paru chez Demopolis (”Main basse sur l’école publique” Eddy Khaldi et Muriel Fitoussi).

Pour l’enseignant Eddy Khaldi et la journaliste Muriel Fitoussi, l’actuel ministre de l’Education nationale entend saper les bases de l’école publique républicaine et pousser peu à peu classes moyennes et supérieures vers le privé.

Leur livre, “Main basse sur l’école publique“, est, malheureusement, aussi étayé que convaincant.

Les auteurs se sont penchés sur la généalogie des idées qui marquent ce gouvernement, en matière d’éducation nationale. Celles-ci vont puiser dans un vivier idéologiquement marqué, qui emprunte aussi bien au Club de l’Horloge qu’à l’ Opus Dei.

Catholiques conservateurs et droite ultra-libérale se sont rejoints, expliquent Eddy Khaldi et Muriel Fitoussi, pour prôner “le chèque éducation” (aux Etats-Unis, “school voucher“): un coupon donné à l’école de son choix. L’école remet le coupon au gouvernement, qui le convertit en argent. On se doute des conséquences d’une telle mesure: appauvrissement de l’école publique, enrichissement des écoles privées les plus prisées, baisse générale du niveau des enseignants, fin de toute mixité sociale.

Xavier Darcos s’est bien gardé, expliquent les auteurs, d’appliquer d’emblée une mesure si brutale. Pour affaiblir l’école publique et préparer les esprits, mieux vaut avancer masqué. Il s’agit d’abord, martèle le gouvernement, de faire des économies. Sans guère susciter de réaction, deux heures d’enseignement ont ainsi été supprimées cette année dans le primaire (le samedi matin). Suppression également de 11.200 postes d’enseignants dans l’Education nationale (13.500 prévus l’an prochain). Détail rarement souligné, mais relevé par nos auteurs (pages 69 et 78): le gouvernement a ôté, en proportion, moins de postes dans le privé (les enseignants des écoles sous contrat sont payés par l’Etat), que dans le secteur public.

Insidieusement, l’argent public s’oriente de plus en plus vers l’enseignement privé, en particulier catholique. Et le mouvement ne date pas d’aujourd’hui: la loi sur la décentralisation du 13 août 2004 “impose aux communes de contribuer aux frais de scolarité des élèves qui résident sur leur territoire et sont inscrits dans une école privée située sur une autre commune“. Une loi impulsée par Jean-Pierre Raffarin qui aurait prononcé en juin 1994, devant des personnels d’établissement catholique de Poitou-Charentes, cette phrase ahurissante: “Je ne serai pas le complice du développement de l’enseignement public” (page 142).

Autre concession de taille à la droite la plus réactionnaire: la suppression des IUFM, dénoncés depuis longtemps par celle-ci comme un nid de “pédagogistes” malfaisants. “L’économie réalisée par une telle opération se chiffre à près de 30.000 emplois de stagiaires, le volet IUFM du budget de l’education nationale étant purement et simplement supprimé, puisque la formation dispensée aux élèves-professeurs ne serait plus rémunérée“. Conséquence incroyable: l’enseignement devient le seul métier qui ne nécessite pas de formation spécifique.

A ranger dans le même rayon, la pseudo-suppression de la carte scolaire. Comme il est difficile de pousser les murs, lycées et collèges publics cotés n’accueillent pas plus d’enfants. L’annonce gouvernementale d’”aménagement” de la carte scolaire a surtout multiplié les parents déçus, qui se sont rabattus (quand ils ont pu) sur les lycées et les collèges privés. Une déception qui ne doit rien au hasard : si l’on en croit les auteurs du livre, tel était le but de la manoeuvre. “Devant le naufrage annoncé et comme précipité de l’Education nationale, … l’école privée, bien que porteuse de ségrégation sociale, est en passe de devenir le nouvel eldorado de familles séduites par les slogans des marchands d’école, à longueur de palmarès et d’articles élogieux que, pourtant les statistiques officielles démentent.

Autant lire au plus vite cet ouvrage salutaire qui met en garde l’ensemble des parents contre l’asphyxie programmée de l’école républicaine. Certes, celle-ci ne saurait être exempte de critique et ne parvient pas toujours à mener à bien toutes ses missions. Mais elle tente de le faire, avec de moins en moins de moyens. L’école publique est encore un lieu de mixité sociale, et elle est seule à garantir un enseignement laïc, gratuit et obligatoire. Un héritage en voie de liquidation.

Anne BRIGAUDEAU

Eddy Khaldi à Lens

Eddy Khaldi à Lens

Appel à la résistance dans le premier degré

Dimanche 30 novembre 2008
jeudi 27 novembre 2008

La fédération des syndicats Sud Éducation appelle les enseignants du 1er degré :
- à refuser de mettre en œuvre le dispositif d’aide individualisée qui ne tient compte ni des rythmes de l’enfant ni de ceux des enseignants et qui sert de prétexte à la disparition des réseaux d’aide spécialisée ( les 60h seront utilisées pour la concertation pédagogique, notamment)

-à refuser de faire passer les évaluations nationales de CE1 et de CM2 qui visent à mettre les écoles en concurrence (ou au moins à refuser de faire remonter les résultats)

-à mettre en échec le dispositif du service minimum d’accueil en déclarant systématiquement leur intention de faire grève quelle que soit leur intention réelle.

Là-bas, si j’y suis : Témoignage d’un Prof, la chasse à l’enfant sous DARKOZY

Dimanche 30 novembre 2008

Les faits se sont passés le lundi 17 novembre écoutez 2min 43 de la vie d’un Prof…

ça se passe en France, le pays des droits de l’Homme, au 21éme siècle sous la Présidence de Nicolas Sarkosy

Cliquez sur le lien ci dessous pour écouter :

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Contribution des Alpes Maritimes : un texte écrit par un maître E du 06

Dimanche 30 novembre 2008

Et si la résistance c’était ça…

Dans la cour, un jour de cantine presque ordinaire, un maître affairé à organiser le service et les groupes de tennis…

Un maître également presque ordinaire, à une petite spécialisation près et à un gilet jaune qu’il avait déjà oublié… et une élève de CE2, Anne-Laure qui voudrait en savoir un peu plus…

Pourquoi tu as un gilet jaune ???

Mince pas trop le temps d’expliquer… eh ben tu sais les réformes tout ce qui va changer dans l’école, ça nous inquiète…

Mais elle ne démord pas, la connaissant, je ne m’en étonne pas…

c’est quoi qui va changer ?

Aie… un exemple marquant pour gagner un peu de temps, le prof de tennis s’impatiente… par exemple, les maîtres comme Céline et moi qui viennent prendre les élèves dans les classes pour les aider et bien il n’y en aura peut-être plus…

Mais qui c’est qui va nous aider alors, toi tu m’as bien aidé avant ?

Et mon frère il a besoin d’aide aussi…

C’est justement ce qui nous inquiète.

Mais tu vas aller où toi alors ?

Je ne sais pas trop encore…

(Sa copine Romane très expérimentée, rééducation + adaptation et qui s’en est sortie grâce à un grosse bonne volonté) : Tu prends la retraite alors…

Mais non c’est pas un papi quand même !!! (Merci Anne-Laure).

Une des trois copines au moins, celle que le réseau connaît un peu mois bien, paraît rassurée. Elle vient de comprendre en quoi l’école est en danger, elle qui pensait que les murs aller s’effondrer ou qu’elle allait être attaquée par des ennemis encore invisibles. C’est toujours ça, encore qu’elle ne soit pas si loin que ça de la vérité !!

Anne-Laure : en tout cas, je serai là pour te dire « envoir » quand tu partiras…

Ne t’inquiète pas Anne-Laure, l’année est encore longue et puis les choses peuvent changer… Zut le prof de tennis s’est tiré !

Oui mais moi je serai là quand tu partiras et je vais demander à ma mère qu’elle m’achète un gilet jaune.

Grosses larmes…vraie peine… soutenue par ses deux amies…

Et là, pauvre que je suis, moi qui me serais senti l’âme de faire entendre raison à Darcos et à toute sa clique, de discourir et d’argumenter sans faillir devant une foule préoccupée à juste titre par l’enseignement et l’accueil de leurs petits les jours de grève… RIEN…RIEN !!!

Si, juste… oui c’est une bonne idée, achète–toi un gilet jaune.

Collectif RASED 62 : création d’une AME 62 pour les Maîtres E

Dimanche 30 novembre 2008

Rendez vous samedi 13 décembre, 10H, à l’école Briquet de Rouvroy pour créer une AME 62.


Ordre du jour :

- Création de l’Association

-Élection des membres du Bureau

- Élaboration d’une liste d’adhérents potentiels

- Propositions d’actions

Pour en savoir plus, contactez Anne Grioche : anne.grioche@orange.fr

PS : n’oubliez pas l’Assemblée Générale “Collectif RASED 62″, mercredi 10 décembre, Maison des sociétés de 10Hà 12H à Arras.

Collectif RASED 62 : rencontre avec le Senateur Danglot à Divion

Dimanche 30 novembre 2008

samedi 29 novembre 2008

10H Divion , Congrès Régional du Parti Communiste. Deux valeureux chevaliers de l’ordre des RASED, Anne et moi, tracts à la main, slogans percutants scotchés sur nos gilets jaune, constituaient la délégation des Réseaux d’Aides du Pas de Calais appelée à rencontrer Monsieur le Sénateur Danglot.

Bientôt le sénateur nous rejoint à l’accueil, et nous reçoit à la “Bonne Franquette” dans un petit entrepôt contigu à la salle de Congrès.

Discussion informelle, rappel de nos actions, de l’existence du” Collectif RASED 62″ et de nos revendications:

- le retrait des projets Darcos,

-  le refus de la transformation rapide de l’Education Nationale et de la société Française par une droite brutale, décomplexée,  marchande, extrémiste, xénophobe et populiste qui rend inaudible le discours des RASED basé sur l’aide et pas la domination, la coopération et pas l’exclusion, le respect de la personne et pas le mépris, le respect de la pensée, de l’histoire, de la complexité, de la différence et pas le formatage, le gavage, l’uniformisation et la simplification populiste …

L’entretien touche à sa fin, Monsieur le Sénateur nous assure de son soutien, nous informe que de nombreux amendements ont été déposés, que l’opposition le 3 décembre, en la personne du Sénateur Fisher bataillera ferme pour faire entendre notre voix. Nous obtenons l’autorisation de distribuer nos tracts à la pause déjeuner…

Tout va bien jusqu’au moment ou le Sénateur revient nous proposer de prendre la parole quelques minutes au pupitre, pour exposer aux 250 congressistes notre lutte et nos revendications.

Panique à bord, manœuvres de dégagements, tentatives d’exfiltrations :

“mais, nous n’avons pas préparé une telle intervention… nous allons bredouiller… nous n’avons pas l’habitude de parler en public etc…

Le Sénateur Danglot nous dit que c’est une tribune que des Maires, des Conseillers Régionaux, Généraux, des élus de tout le département sont réunis et que c’est l’occasion de les sensibiliser .

Nous acceptons.

Dix minutes pour préparer un petit discours, pour décider qui monte au pupitre :

-toi ?

-non toi ! non toi tu parles bien, tu as la parole facile !

- facile facile, bon allez de toutes façons maintenant faut y aller !

Et c’est comme ça qu’un samedi matin je me suis retrouvé seul sur l’estrade à haranguer 250 personnes au  Congrès Départemental du Parti Communiste Français.

Tout s’est finalement trés bien passé. On a été très bien reçu et les congressistes ont été bon public.

Nouvelle Pétition appel des maîtres de l’Ecole Primaire : DARKOS DEMISSION!!

Dimanche 30 novembre 2008

Une lettre de Monsieur Albert Richez ancien directeur de l’IUFM d’Arras

DARCOS DEMISSION

Chers collègues,
Chers amis,
J’ai  le très grand plaisir de vous signaler la mise en  ligne d’un “appel des enseignants des écoles primaires” sous le titre :

STOP À LA DEMOLITION. STOP AU MÉPRIS. M. DARCOS DOIT DÉMISSIONNER.

Avec Sylvain Grandserre, maître de CM, directeur d’une école rurale  de Seine Maritime, 100 maîtres des écoles maternelles et  élémentaires, de toutes les régions de France, appellent leurs  collègues de tous les niveaux d’enseignement à signer ce texte.

Merci de faire connaître cette belle idée, sans modération.

Voici le lien : http://darcos-demission.0rg.fr/

Attention, si vous communiquez oralement ce lien : le 0 de 0rg est un  zéro, le tout se disant “zéro RG” (mais il n’est pas sûr que cela suffise à éloigner les “grandes oreilles” de M. Darcos).

Bien cordialement,

Bagatelle. Les parents occupent l’école : Le couperet va bientôt tomber, préparons nous aussi, des actions plus dures

Dimanche 30 novembre 2008

A l'école Georges-Hyon, on craint des suppressions de postes . Photo DDM,Archuves.
A l’école Georges-Hyon, on craint des suppressions de postes . Photo DDM,Archuves.

Hier matin, une cinquantaine de parents d’élèves inquiets ont occupé quelques instants l’école élémentaire Georges-Hyon à Bagatelle et retardé le départ de la directrice qui devait se rendre à une réunion du réseau « Ambition réussite », appellation qui remplace l’ancien nom de ZEP. Motif de leur inquiétude : l’annonce faite par Xavier Darcos, Ministre de l’Éducation Nationale de supprimer 3 000 RASED (Réseaux d’Aide Spécialisée aux élèves en difficulté), à la rentrée 2009, avant une suppression totale de ces postes d’enseignants spécialisés dans le rattrapage des difficultés d’apprentissage (Enseignants E) et dans les difficultés d’adaptation (Enseignants G). Or, dans cette école de nombreux élèves sont suivis par les RASED. Ce qui est en jeu à terme, c’est le retour aux classes de perfectionnement, où tous les élèves en difficulté au lieu d’être pris en charge en petits groupes, voire individuellement par les RASED quand toutes les autres actions de soutien ont échoué ; sont regroupés dans une même classe… La détermination des parents a eu pour conséquence la venue sur place d’une inspectrice qui, moyennant que les manifestants laissent partir les enseignants, les a écoutés. Les parents demandent que soit organisé un référendum national. Tels sont les termes de la lettre que l’inspectrice a rédigée et soumise à l’inspecteur d’Académie du département, lettre dont elle leur a communiqué la copie. Autre point de mécontentement côté maternelles : la remise en question de l’accueil des enfants à 2 ans. La déléguée de parents d’élèves, Mme Treillou, précise : « Pour apprendre le français, il faut 4 ans. Un an d’apprentissage de moins, ça donne un gros déficit langagier et une socialisation plus lente. Voilà pourquoi nous voulons que nos enfants aillent à l’école de bonne heure ».

Éric Tournié, inspecteur d’Académie adjoint rappelle qu’il s’agit « pour le ministre de sédentariser les enseignants spécialisés en RASED dans les écoles qui en ont le plus besoin et non de les supprimer ». Les élèves bénéficieront d’une aide personnalisée de deux heures par semaine et deux heures d’accompagnement éducatif de 2 heures par jour, hors cours. »

http://www.ladepeche.fr/article/2008/11/29/500621-Bagatelle-Les-parents-occupent-l-ecole.html

Message de Nelly Paulet responsable nationale au ASH SE : NEGOCIER ???

Dimanche 30 novembre 2008

Les IA viennent de recevoir une circulaire sur l’arrêt des formations E et G...


Alors quid de négociations ???

Qui plus est en recevant les syndicats séparément?


Tous au Sénat mercredi matin.

ATTENTION : Tout va s’accélérer.

“Démodés les profs?”

Dimanche 30 novembre 2008

Lu dans les Inrockuptibles du 25 novembre n°678

” La grève a été particulièrement suivie chez les instits, touchés de plein fouet par une réforme des programmes faite sans concertation, la remise en cause de la maternelle, la semaine de quatre jours et surtout la suppression de 3 000 postes de RASED, un dispositif spécialement mis en place pour soutenir les élèves les plus en difficulté. Avec les suppressions de postes qui mettent en péril le dispositif ZEP de classes à 25; la droite semble estimer qu’il n’est plus nécessaire de gaspiller de l’argent pour des enfants jugés perdus d’avance, donc sacrifiés sur l’autel de la rigueur budgétaire.[...] Une vieille droite dure qui s’assoit sur le dialogue social et tend à criminaliser les mouvements sociaux”.

“Point de vue” écrit par Anne Laffeter.