Communiqué de presse du Collectif de défense des RASED

2 septembre 2010

En dépit des dénégations de Luc Chatel quant à la disparition des réseaux d’aides spécialisées aux élèves en difficulté (RASED), les élèves comme les écoles sont de plus en plus privés du recours aux aides spécialisées compte tenu des suppressions de postes années après années et du nombre insignifiant de départs en formations spécialisées qui ne permet pas d’assurer le renouvellement des collègues prenant leur retraite (postes non pourvus).

Le manque de lisibilité sur l’avenir des RASED conjugué aux conditions d’exercice qui ne cessent de se dégrader (zones d’intervention étendues, missions restreintes, frais de déplacement non remboursés) dissuadent par ailleurs les collègues d’occuper ces fonctions Cette situation va s’aggraver encore face aux nouvelles annonces budgétaires de suppressions de postes et de réductions des dépenses de l’éducation.

Le Collectif continue de réclamer le rétablissement des 3 000 postes supprimés et un nombre de départs en stage CAPA-SH et DEPS équivalent au nombre de départs à la retraite et aux postes vacants, condition sine qua non pour que survivent les RASED. Il a décidé plusieurs actions :

- L’élaboration d’un « supplément RASED » au guide des parents produit par le ministère afin d’informer la communauté éducative sur l’importance des interventions et le fonctionnement du RASED.

- L’envoi d’une lettre au ministre l’interpellant sur l’arrêt brutal et inexpliqué du cycle de réunions démarré au printemps dernier, et exigeant un réel état des lieux, ainsi qu’une clarification de ses intentions concernant l’avenir des aides spécialisées.

- L’interpellation des parlementaires sur l’avenir des RASED dans le cadre de la préparation du budget. Il s’agit de remettre sur le devant de la scène éducative les besoins en personnels spécialisés (enseignants spécialisés et psychologues scolaires) et les moyens nécessaires pour prévenir et remédier aux difficultés scolaires, une question qui n’est toujours pas traitée sur le fond comme l’indiquent les dernières évaluations CE1-CM2.

Le Collectif encourage également l’engagement de tous dans les mobilisations sociales à venir pour y porter l’exigence d’un service public de l’éducation de qualité et pour la réussite de tous les élèves.

Paris, le 30 août 2010

Le Collectif de défense des RASED :

Organisations syndicales : Cgt Educ’Action, Se-Unsa, Sgen-Cfdt, Snuipp-FSU
Associations professionnelles : Afpen, Agsas, Fname, Fnaren

FÉDÉRATION NATIONALE DES ASSOCIATIONS DES RÉÉDUCATEURS DE L’ÉDUCATION NATIONALE

1 septembre 2010

Lundi 30 août 2010, les partenaires syndicaux et associatifs rassemblés en collectif pour la défense des RASED se sont réunis à Paris. Étaient présents : FNAME, AFPEN, FNAREN, AGSAS , FO, SNU Ipp, CGT, SGEN, SE . N’ont pas répondu à l’invitation : FCPE, PEEP, Sud éducation.

Cette réunion prévue avait comme objectifs de faire un état des lieux en cette pré-rentrée et d’envisager des perspectives pour ce début d’année.

Constats :

- On est toujours dans la situation où les IA ont tout pouvoir.

- Des postes supprimés, peu de départs en formation, des enseignants inquiets qui quittent leur poste.

- Des RASED qui risquent de s’éteindre à petit feu.

- Un désengagement de l’ Éducatio Nationale dans la formation des enseignants spécialisés dans le cadre de la mastérisation.

- Un relâchement de l’appui des associations de parents d’élèves (absentes ce jour).

- Par delà l’attaque des personnels RASED, la mise à mal du statut de fonctionnaire d’état.

Idées d’actions à envisager :

- demander l’évaluation du DAP

- revaloriser la notion de tiers que représentent les RASED à l’école.

- Remettre en route la communication sur le rôle et le travail des RASED à l’école, les rendre visibles comme dispositif d’appui face aux difficultés auprès des équipes enseignantes.

- Ecrire une information pour les familles en complément de la brochure du ministère qui a « oublié » les RASED l’an dernier.

- Reparler de la prévention.

- Interpeller les politiques avec un questionnaire précis sur leur futur positionnement pour l’école.

- Écrire aux députés avant l’échéance du vote du budget afin de maintenir la pression.

- Participer à la journée du refus de l’échec scolaire organisée le 22/9/10 par l’AFEV.

Les participants à cette réunion se sont quittés avec 3 projets d’actions après s’être entendus sur l’importance symbolique de la réussite de la grève du 7 septembre contre les projets du gouvernement :

1. Une lettre au ministère pour demander des explications au sujet des rencontres annulées au printemps dernier.

2. la rédaction d’une plaquette par les 3 associations professionnelles présentant le dispositif RASED qui sera diffusé par les réseaux des syndicats.

3. Un projet de lettre aux élus avant le vote du budget.

Lydie Morales, pour le BN de la FNAREN.
Siège social : 143 , rue A. Pajeaud 92160 ANTONY

fnaren@fnaren.asso.fr
http://www.fnaren.asso.fr

Réseau des enseignants du primaire en résistance : Communiqué de presse

31 août 2010

Lundi 30 août 2010

Le Réseau des enseignants du primaire en résistance a tenu sa 2ème université d’été à Lyon du 23 au 25 août. A l’issue de cette rencontre qui a réuni de nombreux enseignants-désobéisseurs du primaire de toute la France et qui a permis la rencontre avec plusieurs partenaires invités, a été adopté le texte d’orientations, d’actions et de propositions ci-joint.

Courant septembre, le Réseau lancera une campagne d’informations et d’actions sur le thème “L’éducation est un droit, pas un privilège” afin d’ élargir la résistance à la mise en place d’une école élitiste tournée vers la compétition. Cette campagne permettra aussi de faire connaître l’école que nous défendons et les valeurs éducatives qui nous animent. Une lettre collective de résistance, commune au 1er et au 2ème degré, sera diffusée à cette occasion et soumise à signatures.

Les enseignants du primaire en résistance participeront à toutes les initiatives associatives et syndicales qui favoriseront la convergence des luttes dans les services publics et plus largement pour une autre société plus fraternelle, plus tolérante et plus solidaire.

Dès la rentrée et lors des rassemblements du 4 septembre prochain, l’Appel à l’insoumission à la politique sécuritaire du gouvernement que nous avons lancé le 18 août dernier sera largement diffusé.

http://resistancepedagogique.org/site/

Contacts : 06 61 58 10 55 /  06 81 47 28 61

Lettre écrite par un parent au directeur d’une école élémentaire de Vincennes

27 août 2010

“A l’attention de Monsieur le Directeur de l’école élémentaire Est-Libération
106 rue Diderot - 94300 VINCENNES

Copies :

Monsieur C - Instituteur de la classe de CM1 B
Madame F - Institutrice de la classe de CP C
Madame la Directrice de l’école maternelle Clément Viénot
Mairie de Vincennes
Le Collectif Parents Enseignants de Vincennes
Fédération FCPE Vincennes
Association APEV
FCPE 94
AG nationale des collectifs Parents Enseignants
Collectif National de Résistance à Base Elèves

Vincennes, le 11 octobre 2009

Monsieur le Directeur,

Ce courrier fait suite à l’entretien que nous avons eu lundi 28 septembre concernant le logiciel de base de données Base Elèves dans lequel des enregistrements concernant mes enfants et moi-même se trouvent renseignés. Vos propos se sont voulus rassurants quant à la nature et la destination des données saisies. Je comprends votre démarche mais je tiens à vous dire que vos explications sont loin d’être satisfaisantes à mes yeux.

Tout d’abord vous me dîtes que les données saisies ne sont que des informations générales, non sensibles, « que de toute façon l’administration connaît déjà ». Dans ce cas pourquoi vous demande-t-on de collecter, de saisir et de mettre à disposition des données sans intérêt ? N’avez-vous pas mieux à faire ? Vous affubler d’un travail sans aucune valeur ajoutée n’est-il pas en totale contradiction avec les objectifs de performance partout affichés ? Et quant bien même vous ne renseigneriez que le minimum d’informations, qui me dit que votre successeur aura la même attitude ? Qui me garantit de la sécurité des informations saisies ? Et qui m’assure qu’un traitement informatique batch ne viendra pas concaténer des informations complémentaires ? Données fiscales, données sociales, dossier médical… ? Enfin, songez que l’Identifiant National Elève, la clef du fichier qui se crée lors de la première saisie, est conçue pour être valide 35 ans ! Simplement pour stocker nom, prénom, adresse ???

Soyons honnêtes, cette base de données n’a pas été créée pour rien. Elle est née dans un contexte idéologique de fichage et de xénophobie indigne d’une démocratie comme la nôtre. Je ne puis oublier qu’il était question à l’origine de saisir des informations aussi personnelles que la religion ou la langue parlée à la maison… Ne sommes-nous pas dans un pays libre et laïc ? Devra-t-on prochainement s’excuser de ne pas suivre le culte officiel de la nation ou bien porter un signe distinctif à son veston ? Je ne puis oublier qu’il existe aujourd’hui un Ministère de l’Identité Nationale dont le seul énoncé est une injure à la devise de notre pays. L’identité nationale est une valeur, un caractère, c’est l’âme que forme la mosaïque des peuples et des cultures qui composent une nation. Aucun Etat ni aucun gouvernement ne peut en édicter la forme, sauf à prouver alors son caractère fasciste. Enfin, je ne puis fermer les yeux sur les cas d’irruption des forces de l’ordre au sein même de certains établissements scolaires. Des policiers parfois accompagnés de chiens qui entrent dans la classe pour chercher des élèves ! Comment appelle-t-on cela ? Des rafles ?

Je ne puis oublier non plus les déclarations du gouvernement s’agissant de « prévenir la délinquance dès la maternelle » ni les propos du Chef de l’Etat indiquant que certains éléments de « La délinquance » étaient selon lui « de nature génétique ».

Nous savons l’un comme l’autre ce qu’ont pu produire dans le passé des théories eugénistes mises en œuvre par une administration servile. Des plaques de triste mémoire sont accrochées sur le mur d’entrée de notre école afin que nous n’oubliions pas, et vous voudriez me voir fermer les yeux ?

Je note qu’en ce moment-même des directeurs d’école, des enseignants et des maires refusent publiquement de renseigner ce fichier et alertent l’opinion sur la grave dérive que constitue la mise en œuvre de ce logiciel espion. L’ONU elle-même condamne cet outil et rappelle la France à l’ordre,  le Conseil d’Etat demande lui aussi des explications et vous voudriez me voir rassuré ?

Voici pour la partie morale et pour les craintes légitimes qu’inspirent cette application.

Sur le plan strictement juridique maintenant. J’avance que ce fichier est illégal.

En effet, le droit à l’information préalable à la collecte d’informations personnelles n’a pas été respecté, ni d’ailleurs l’autorité parentale puisqu’en matière de saisie de données l’article 57 de la loi informatique et liberté prévoit que les personnes auprès desquelles sont recueillies des données à caractère personnel ou à propos desquelles de telles données sont transmises sont, avant le début du traitement de ces données, individuellement informées de la nature des informations transmises, de la finalité du traitement de données, des personnes physiques ou morales destinataires des données, du droit d’accès et de rectification institué aux articles 39 et 40, du droit d’opposition institué aux premier et troisième alinéas de l’article 56.

Or vous renseignez Base Elèves. Avez-vous prévenu les parents ? NON. Avons-nous accès aux données ? NON. Avons-nous un droit d’opposition ? NON.

Concernant mes objections sur la légalité du fichier vous me dîtes que tout cela « prête à discussion », que le présent fichier est « légal pour les uns, illégal pour les autres ». Diriez-vous de la loi informatique et liberté qu’elle prête à discussion ? Je ne le crois pas. Dès lors elle doit s’appliquer à tous et partout. Et c’est bien pour la faire respecter que plus de mille parents d’élèves ont porté plainte solidairement à la procédure engagée par le Collectif National de Résistance à Base Elèves et défendue par le Syndicat des Avocats de France. Et je ne doute pas que de nombreux parents de notre ville et du département voudront bientôt s’y associer. Je les y aiderai au mieux dans la mesure de mes capacités.

En outre, afin de protéger mes propres enfants de même que vous affranchir d’une tâche indigne de votre fonction, j’envisage de porter plainte contre la personne physique que je sais renseigner ce fichier illégal, c’est à dire vous-même.
Pour information, en l’état actuel de ma réflexion,

Vous priant d’agréer mes respectueuses salutations.”

Mardi 24 Août 2010
J. H.

Décision du Conseil d’État (19.07.10) : Le fichage Base Élèves n’est ni anodin, ni un progrès !

27 août 2010

Nos enfants sont fichés, ne nous en fichons pas …

La Base Élèves est illégale ! Parents, vous pouvez désormais vous opposer au fichage de votre enfant dans Base Élèves.

Modèle de lettre

Nom …………..       à Mme la Directrice (M le Directeur) de l’école …………..

Par décision en date du 19 juillet 2010, le Conseil d’État a invalidé sur plusieurs points les traitements de données « Base Élèves 1er degré » et « BNIE » (Décisions consultables sur le site du Conseil d’état : http://www.conseil-etat.fr/cde/node.php?articleid=2099).

Le Conseil d’État rappelle que « L’article 38 de la loi de 1978 donne à toute personne physique le droit de s’opposer, pour des motifs légitimes, à ce que des données à caractère personnel la concernant fassent l’objet d’un traitement. »

En conséquence, il « annule les dispositions de cet arrêté qui interdisent, dans sa deuxième version, toute possibilité d’exercice de ce droit d’opposition ».

(L’arrêté est celui du 20 octobre 2008, créant officiellement Base Élèves.)

De ce fait, je souhaite faire valoir mes droits et je vous informe que je m’oppose à ce que les données concernant mon enfant (mes enfants) ……… soient enregistrées dans le fichier Base Élèves et dans la Base Nationale Identifiants Elèves.

Je vous prie d’agréer, Mme la Directrice (M le Directeur), mes respectueuses salutations.

Infos CNRBE : http://retraitbaseeleves.wordpress.com/

Contact Collectif : collectif.ecoles.ouest.lyonnais@gmail.com

Maternelle et Élémentaire : la saignée à blanc !

22 août 2010

On vient d’apprendre que l’enseignement primaire est saigné à blanc dans les annonces de postes faites pour 2011 : moins de la moitié des recrutements par rapport à 2010 : 2 916 postes de professeurs des écoles sont proposés contre 6 577 l’année dernière (1). À titre d’exemple, l’académie de Versailles qui est l’une de celles où il y a le plus d’élèves, passe de 750 postes à 480 (2) ! C’est dramatique pour les jeunes qui envisagent de passer ce concours. Mais c’est aussi terrible pour les enfants et les familles. Car la natalité se maintient et augmente, même par rapport au baby-boom de l’an 2000 (796 000 nouveaux nés en 2008 contre 774 800 en 2000 – chiffres Insee). Et environ 11 000 professeurs des écoles partiront en retraite en septembre 2011. Qui va enseigner à ces élèves ?

La tactique, pour le gouvernement est double. D’ici à un an ou deux, au nom de l’autonomie des établissements, l’État veut obliger à des recrutements locaux d’enseignants vacataires (pour les établissements qui le pourront selon les dons du privé, des familles et des collectivités locales). Cette application de la conception européenne des services rendus aux publics dans un fonctionnement marchand est une trahison envers l’école de la République, un gâchis face aux besoins d’une nouvelle étape de démocratisation scolaire. À court terme, le gouvernement veut fermer les classes de toute petite, petite et moyenne section de maternelle pour récupérer les postes en élémentaire et y maintenir un nombre d’enseignants tolérable face aux élèves. C’est déjà ce qui s’était passé depuis le baby-boom de l’an 2000, où ce sont les élèves de deux ans, puis trois ans (et même des quatre ans dans les zones à plus faible densité) qui n’ont plus été accueillis.

C’est dramatique car aucune structure ne peut mieux que l’école maternelle permettre le développement de l’enfant par le biais du savoir, lui faire acquérir ce qui est indispensable à l’entrée au CP (savoir découper, tenir un stylo, classer des éléments par critères, reconnaître des sons, identifier les étapes d’une histoire…). La scolarité obligatoire dès l’âge de trois ans (et la scolarisation dès deux ans pour les familles qui le souhaitent) est nécessaire pour avancer vers l’égalité de réussite scolaire, pour préparer chacun à une scolarité longue, indispensable dans un monde où les savoirs seront plus complexes. Créons des collectifs de lutte, école par école, pour obtenir l’ouverture des classes nécessaires à cette scolarisation.

Avant deux ans, les naissances se poursuivant, l’exigence grandit de création d’un service public de la petite enfance pour à la fois harmoniser les structures existantes et déployer les capacités d’accueil sur tout le territoire national. Ces structures sont un atout pour le développement de l’enfant. Elles le sont aussi pour libérer les couples, et en particulier les jeunes mères dans leur vie sociale et professionnelle.

L’augmentation des effectifs montre un défi : répondons-y non par le marché, mais par le service public d’éducation, comme un enjeu de civilisation !

(1) http://www.education.gouv.fr/cid52536/postes-offerts-aux-concours-de-recrutement-2011.html.

(2) Les chiffres par académie : http://www.education.gouv.fr/cid4438/postes-offerts-aux-concours-externes.html.

Par Emilie Lecroq, Saint-Denis, 
réseau école du PCF

LÉON LANDINI LUTTE CONTRE LA PESTE : Lettre ouverte à Monsieur le Président de la République

21 août 2010

Lettre ouverte à Monsieur le Président de la République

Bagneux, le 12 août 2010

De Léon Landini / 92220 Bagneux

Pour Monsieur le Président de la République / Palais de l’Elysée / 75008 Paris

Monsieur le Président,

C’est avec stupeur et indignation que j’ai pris connaissance du discours que vous avez prononcé le 30 juillet dernier à Grenoble.

Ce jour là, vous avez affirmé que : « La nationalité française puisse être retirée à toute personne d’origine étrangère qui aurait volontairement porté atteinte à la vie d’un policier, d’un gendarme, ou de toute autre personne dépositaire de l’autorité publique».

Stupéfait et indigné parce que votre déclaration va totalement à l’encontre de l’article premier de la Constitution française qui stipule : « Tous les français sont égaux, quelles que soient leurs origines ».

Oui Monsieur le Président, égaux en droits et en devoirs, cela signifie que ce n’est pas parce que qu’un français est d’origine étrangère, (comme vous l’êtes vous-même) qu’il a moins de droits, ou bien qu’il est un français de moindre qualité.

Or dans votre discours, vous envisagez d’appliquer des droits différents selon l’origine de la personne. Il ne peut s’agir là que d’un déni de justice commis envers les français d’origine étrangère et tout particulièrement contre ceux qui dans les années 1940 ont combattu l’occupant, les armes à la main et acquis leur nationalité française « non par le sang reçu mais par le sang versé ».

Par ailleurs, je souhaiterais savoir comment vous allez déterminer « l’origine étrangère » d’un citoyen français ? Se pourrait-il que vous fassiez, comme l’ont fait dans les années 1940, les gouvernements fascistes de Pétain et Laval à l’encontre des juifs, c’est-à-dire, remonter jusqu’à la troisième génération ?

Après votre déclaration, Il me semble indispensable de rappeler les immenses sacrifices consentis aux cours des deux dernières guerres par ceux que l’on appelait alors « Les coloniaux » et dont les enfants ou les petits-enfants, aujourd’hui français, sont les premiers visés par cette loi, que vous souhaiteriez nous imposer.

Pourtant, les immenses nécropoles se trouvant sur le front de l’Est, aussi bien que celles se trouvant devant Rome ou Monte-Cassino, prouvent que des dizaines et des dizaines de milliers de « coloniaux » morts pour la France, reposent loin de leur terre natale.

Le souvenir de leurs sacrifices devrait vous amener à un peu plus de retenue envers les jeunes français descendants de ces soldats, «très souvent malgré eux », qui ont donné leurs vies, afin que notre pays puisse reconquérir son indépendance et sa liberté.

Si pour un même délit ou crime vous décidez d’appliquez des peines différentes en fonction de l’origine d’un individu, pourquoi la même chose ne se passerait-elle pas en fonction de l’opinion des personnes ?

Quelle garantie avons-nous que par la suite, ce même principe ne s’appliquerait-il pas à toute personne ayant commis un autre délit : par exemple, avoir fait grève, ou tout simplement ayant participé à une manifestation que vous n’auriez pas appréciée ?

Le sieur Brice Hortefeux, ministre de l’Intérieur, (qui a été condamné le 4 juin dernier à 750 € d’amende par un tribunal pour injure raciale) avec ses nouvelles propositions, nous indique le chemin que votre gouvernement désire prendre.

Il a déjà annoncé, vouloir étendre la déchéance de la nationalité française aux auteurs d’homicide, d’excision, de polygamie, d’actes de délinquances graves.

En ce qui concerne ces actes de délinquances graves, ne s’agirait-il pas tout simplement, de ce que j’évoque au paraphe précédent ?

Je vous avoue sans ambigüité, que le langage et les méthodes utilisées par votre gouvernement me rappellent ce que j’ai connu avant et pendant l’occupation, période que je croyais désormais révolue.

De toutes façons, quelles que soient les raisons que vous puissiez invoqués, je trouve qu’il est déshonorant pour notre pays, que vous menaciez de retirer la nationalité française aux enfants ou aux petits-enfants de personnes qui, dans un passé récent ont été l’honneur de notre France.

Car c’est un fait reconnu : 66 ans plus tard les étrangers de « L’affiche Rouge », demeurent pour tous, l’image emblématique de la Résistance armée française.

Par ailleurs, bien que vous vous présentiez comme les défenseurs de « L’identité nationale » je constate avec amertume, que vous détruisez chaque jour d’avantage la « spécificité » et tout ce qui a fait la grandeur de notre Nation. Jusqu’à notre langue que vous malmenez sans vergogne et que vous vous attachez à faire disparaître en la remplaçant par un immonde « globisch ».

Comme ancien Combattant Volontaire de la Résistance, comment ne serais-je point révolté, en apprenant que Denis Kessler, un de vos proches amis, ait osé écrire : « Il s’agit aujourd’hui de sortir de 1945 et de défaire le programme du Conseil National de la Résistance … Il est grand temps de le réformer et le gouvernement s’y emploie », sans que vous, ni personne dans votre entourage ne se soit insurgé contre ce qui est une véritable provocation à l’égard du monde de la Résistance, auquel vous faîte si souvent référence.

Comme tous les autres membres de ma famille, j’ai connu les agressions et les insultes racistes « Sale macaroni ! La France aux français ! ».

Pourtant ma famille s’est engagée dès 1940 dans la Résistance (En décembre 1940 mon frère Roger et ses camarades ont fait, en pleine gare de triage de Fréjus-Plage, dérailler 8 wagons de marchandises qui partaient pour Allemagne).

En octobre 1942, j’avais 16 ans et demi quand J’ai participé pour la première fois à un déraillement. Mes états de services dans la Résistance, (enregistrés au Ministère de la Défense) mentionnent une quarantaine d’ennemis abattus.

En mai 1943, mon père et mon frère furent tous deux arrêtés et effroyablement torturés par les carabiniers italiens. (Évadés lors de leur déportation en Allemagne). Je fus arrêté à mon tour à Lyon en mai 1944, et « interrogé » par Barbie lui-même.

A la Libération, mon père, mon frère, mes deux sœurs et moi-même avons tous obtenu la carte de Combattant Volontaire de la Résistance.
Mon frère arrivé en France à l’âge de 10 ans, marié à une française et père de deux enfants français, ne fut naturalisé qu’en 1947, il avait 33 ans.

Toutefois, bien qu’étranger, il fut pendant la Résistance commandant de maquis. Homologué Lieutenant de l’armée française avec parution au « Journal Officiel.

Il était invalide de Guerre et Médaillé de la Résistance – (Depuis son décès en 1962, une rue de Saint-Raphaël porte son nom).

Ma jeune sœur Mimi est Chevalier de la Légion d’Honneur et Chevalier dans l’Ordre National du Mérite. En ce qui me concerne, fils d’immigrés italiens, je suis né en France en 1926 au Muy (Var) et suis devenu français par option à l’âge de 10 ans.

Je suis Grand Mutilé de Guerre – Ancien officier FTP-MOI – Officier de la Légion d’Honneur – Médaillé de la Résistance – Décoré par l’Union Soviétique pour ma participation aux combats contre le nazisme – Président de l’Amicale des Anciens (FTP-MOI) des Bataillons Carmagnole-Liberté et président de diverses associations d’Anciens Combattants.

Je tiens à préciser que les FTP-MOI, composés quasi exclusivement de combattants étrangers ou d’origine étrangère, sont aujourd’hui reconnus par de nombreux spécialistes de l’histoire contemporaine « Comme le fer de lance de la Résistance armée française »

En revanche, un grand nombre « de ces bons français, défenseurs de l’identité nationale» qui avant guerre insultaient les étrangers, je les ai après la libération, retrouvé en prison pour collaboration avec l’ennemi.

Qui étaient les plus français, Monsieur le Président ?

Il est vraiment intolérable et inadmissible, qu’une telle mesure mettant en cause les gens d’origine étrangère puisse devenir une loi.

En espérant que vous vous ressaisirez et que désormais en France pays de la liberté et des droits de l’homme, chaque français, quelle que soit son origine, soit toujours traité avec le respect et la dignité qui est due à tout être humain.

Veuillez agréer Monsieur le Président, les salutations Républicaines d’un Résistant d’origine étrangère profondément attaché à la Nation française, à la justice et à la liberté.

LANDINI

Pour en savoir plus le FTP MOI  :

SUD ÉDUCATION 59/62 : DÉCLARATION RENTRÉE 2010

18 août 2010

Cette rentrée dans le service public d’éducation s’effectue de manière tout à fait particulière. Le but ici n’est pas d’énumérer les multiples mesures mises en place depuis de nombreuses années, qui cassent le service public d’éducation et contribuent, dans l’ensemble de la société, à l’enrichissement de quelques un-es au détriment de tou-te-s les autres et des ressources naturelles. La liste serait trop longue.

Si nous devions ne retenir que deux dispositifs délétères ce serait, au niveau de l’éducation nationale, le « schéma d’emploi 2011-2013 » et au niveau interprofessionnel, la contre-réforme des retraites.

Dans l’éducation,  les 16 000 suppressions de postes effectives pour cette rentrée s’ajoutant à celles des années précédentes ne suffisent pas aux yeux du gouvernement à mettre suffisamment à mal le service public d’éducation. En effet, puisque le dogme, prôné par le gouvernement et son président, du non remplacement d’un fonctionnaire sur deux  partant à la retraite « doit » s’appliquer, il faut alors trouver des marges de manœuvre au détriment de la qualité du service public d’éducation.

Même si une analyse sommaire des dispositifs mis en place permet de le deviner, ce n’est pas affiché publiquement. Mais les documents de travail internes au ministère, qui ont fuité, sur le « schéma d’emplois 2011-2013 » dans l’éducation ne laissent plus planer aucun doute: le service public d’éducation n’est plus vu qu’en termes de « leviers d’emplois » ou autre « gisements d’efficience ». En clair: faisons fi de la pédagogie et des préoccupations des parents et des élèves et cherchons à supprimer des postes.

Ce n’est pas que les besoins manquent mais il s’agit de discréditer le public face au privé mais aussi de remplacer les postes de titulaires par des précaires, plus malléables sur le plan budgétaire, au détriment des conditions de travail des personnels et des élèves.

Cette logique aboutit, à la rentrée, à affecter des enseignants stagiaires sans expérience à temps plein avec une formation réduite à sa portion congrue. Le métier d’enseignant ne s’apprendrait-il plus?

Parmi les mesures prônées comme « leviers d’emploi » dans l’éducation, il y entre autres, clairement écrites :

- l’augmentation du nombre d’élève par classe ;

- le relèvement des seuils d’ouverture et de fermeture de classes ;

- l’évolution du réseau des établissements ;

- la rationalisation de l’offre de formation.

C’est l’ensemble du service public d’éducation et de ses personnels qui est touché.

Mais prenons des exemples: il suffit de regarder la progression du nombre d’élèves par classe, même dans les établissements difficiles. On va alors nous répondre à nous, professionnels de l’éducation, que rien ne prouve que la réduction du nombre d’élèves par classe améliore les résultats. Passons même la mise à l’index récente d’un rapport officiel dit rapport « Picketty » qui concluait à l’efficacité de la baisse des effectifs par classe ; c’est bien nos compétences professionnelles qui sont mises en cause.

Le service public d’éducation ne serait donc plus une affaire de pédagogues qualifiés mais serait à livrer en pâture à des gestionnaires aux yeux rivés sur les coûts et les marges à dégager.

Pour pallier (cet accroissement des effectifs consécutif aux) (les) suppressions massives de postes  de ces dernières années (50000 suppressions depuis 2006), c’est, par exemple, (dans le premier degré) (dans le second degré): (ici peut s’insérer un pavé spécifique à chaque degré)

Cette triste réalité s’articule avec une communication/publicité onéreuse du ministère.

L’école que SUD éducation défend n’est pas celle, faite de marchandisation de l’éducation, qu’on nous propose. Elle ne nie pas les spécificités des élèves mais s’appuie sur une pédagogie efficace ayant pour but l’acquisition des savoirs et l’émancipation des individus. Alors oui, cette école-là coûte cher mais ce n’est rien par rapport aux coûts sociaux que peut engendrer la marchandisation de l’éducation. Nous défendons notre modèle d’école pour la construction d’une société solidaire. Oui, ça coûte cher mais ça n’a pas de prix.

Autre chose qui n’a pas de prix: le temps. Pour le gouvernement, le peuple devrait vivre pour travailler et non travailler pour vivre. En effet, plus le peuple travaille et plus les puissants peuvent s’accaparer une part importante des richesses produites.

C’est en ce sens que la contre-réforme des retraites sera présentée au parlement ce 07 septembre. Alors que de multiples solutions existent (une taxation infime des revenus financiers, par exemple) pour permettre de sauver et développer le système par répartition, le gouvernement, utilisant un soi-disant bon sens éhonté, continue de présenter le « travailler plus » comme unique solution (que ce soit l’âge légal de départ à la retraite ou l’augmentation du nombre d’annuités). Or il sait bien que ce qui est en train de se passer et de s’aggraver: la baisse du niveau des pensions car très peu de personnes ont une réelle possibilité et/ou volonté de travailler plus longtemps (alors que le travail fourni tout au long de la vie s’intensifie).

C’est alors un boulevard qui s’ouvre pour les retraites complémentaires et autres capitalisations, basculant les retraites et donc le débat sur le temps de vie dans la sphère privée et financière.

En effet, cette contre-réforme poursuit la logique de transferts massif d’argent du travail vers le capital et du public vers le privé qui a connu une de ses illustrations les plus criantes lors du sauvetage des banques et des financiers en pleine « crise des subprimes ». Et c’est à cause de ces transferts que les gouvernements instaurent, au niveau international, une politique de rigueur pour les peuples. C’est comme si nous étions dans un véhicule sans frein et, voyant le mur arriver on nous demandait d’accélérer…

Bien sûr les deux dispositifs étudiés dans ce texte ne sont que des parties infimes d’un plan plus global d’appropriation des richesses crées.

Pour SUD éducation et Solidaires, l’union syndicale interprofessionnelle à laquelle il appartient, il est plus que temps de mettre fin à cette logique prédatrice car ce n’est pas à nous de payer les crises du capitalisme.

Il nous faut donc renverser le rapport de forces. Les grévistes et manifestant-es de ces dernières années et plus particulièrement du 24 juin dernier le savent bien. Mais il nous faut construire un mouvement plus dur car face à nous, ils/elles sont sourd-es.

C’est en ce sens que SUD éducation 59/62 appelle l’ensemble des personnels à se réunir, s’informer et décider à la base des actions à mener. Et pour permettre une mise en branle la plus rapide possible, SUD éducation 59/62 appelle à la grève le 06 septembre dans l’ensemble de l’éducation et se joint à la grève à partir du 07 septembre au niveau interprofessionnel. Ces temps forts doivent nous permettre de nous organiser le plus efficacement possible afin de préparer la suite et de renverser la vapeur.

A bientôt donc dans l’action.

http://sudeduc5962.lautre.net/

Une autre vidéo de soldat(e) israélien(ne) décomplexé(e) qui frappe et crache sur des Palestiniens

18 août 2010

Collectif Écoles Ouest Lyonnais : Lettre d’information hebdomadaire

18 août 2010

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