Juillet : résistance en vacances ?

3 juillet 2009

1° juillet : Bonne journée pour les médias : voyeurisme et pathos assurés.

La compagnie aérienne yéménite va verser 20000 € à chaque famille touchée par la catastrophe. Après les 50000 versés aux Conti, énième épisode de la série « shut up and take the money »


2 juillet :
Dernier jour d’école. Vacances à l’horizon


3 juillet :
des milliers d’EVS et AVS vont faire connaissance avec les méandres du pôle emploi. Quelques un-es sont en sursis pour 5 ou 6 mois


4 juillet :
Frédéric Liébig sera présent à la Nuit du livre d’Esquelbecq (ma compagne aussi, mais dans la catégorie bouquinistes). Après Gérard Filoche lors du salon du livre d’Arras le 1° mai, Frédéric Liébig est aussi une des plumes de Siné Hebdo.

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6 juillet :
audience devant le tribunal administratif pour Bastien Cazals. Une lettre de son inspecteur d’académie en date du 23 juin, lui «donne l’ordre de ne plus communiquer avec aucun média pour tout sujet ayant rapport avec [ses] fonctions».


7 juillet :
Erwan Redon convoqué devant une commission disciplinaire, officiellement pour «insuffisance professionnelle».

Il a déjà été sanctionné de 32 jours de retrait de salaire pour avoir remplacé l’aide individualisée par des ateliers.


9 juillet :
Alain Refalo est convoqué devant une commission de discipline, composée pour moitié de représentants des syndicats et pour l’autre de ceux de l’administration. Il lui est reproché un refus d’obéir, un manque au devoir de réserve, une invitation à la désobéissance et une attaque publique contre un fonctionnaire de la République.

Nous avons tous salué (au moins eu connaissance de) leur combat légitime et courageux. Pourtant, la région Nord (au sens large) ne compte peu ou pas de refuseux… Rien là de réjouissant.

Le choix des dates de ces « convocations » par l’administration n’a bien sûr rien d’anodin ; les actions politiques de juillet sont souvent sanglantes…Les médias d’état vont faire pousser leurs marronniers. Période idéale pour mater cette résistance.

J’espère me tromper largement (si c’est la cas : plates excuses), mais à ma connaissance, aucun collectif, aucun comité, aucun syndicat (y compris celui auquel j’adhère) n’a appelé -au moins- à un rassemblement de soutien devant l’IA ou la préfecture dans les 62 ou le 59.

Est-il trop tard ??????

Mieux vaut en rire !!!

3 juillet 2009

Qui a dit que la justice n’était pas la même pour tous, qu’elle favorisait les puissants au détriments des plus humbles ?

Ceux qui pensent ainsi se fourvoient probablement, la preuve :

Un « casse toi pauv’ con » -assumé- adressé à un haut dignitaire de l’état coûte 30 € avec sursis à « l’outrageur ».

En revanche, un allez « allez vous faire foutre » (nié) censé être adressé à des CRS (humbles fonctionnaires) pourrait coûter 1500 € à cet autre « outrageur ».

Ecartons tout de la suite la possibilité selon laquelle « casse toi pauv’ con » serait adressé à un CRS et « allez vous faire foutre » au co-prince d’Andorre ; ça compliquerait tout…

A partir de là, plusieurs hypothèses :

Les fonctionnaires casqués étaient au nombre de 50. En effet, 50 CRS x 30 € = 1500 €.

Pour 1500 €, on peut adresser 50 « casse toi pauv’ con » au locataire de l’Elysée.

Pour 1500 €, on peut adresser 1 « casse toi pauv’ con » collectif lors d’un G50.

L’hypothèse selon laquelle l’outrage supposé aux CRS ne serait qu’un alibi pour faire payer l’aide apportée à des migrants est certainement fortuite puisque le délit de solidarité n’existe pas…

LD

Evaluation CE1 : 75% des CE1 maîtrisent les savoirs pour entrer en CE2

3 juillet 2009

Selon une évaluation du ministère de l’Education nationale réalisée fin mai, 75% des élèves de CE1 maîtrisaient bien les savoirs essentiels en français et en mathématiques pour entrer en CE2 en septembre prochain.

Parmi les 25% connaissant des difficultés, l’évaluation distingue ceux dont les acquis “sont encore fragiles et qui doivent être soutenus”, et ceux “dont les difficultés plus lourdes relèvent de dispositifs d’aide plus importants”.

Cette évaluation a été réalisée entre le 25 et le 29 mai dernier, auprès des élèves de CE1 des écoles publiques et privées de France métropolitaine et des départements d’outre-mer.

Selon l’évaluation, “75% des élèves vont entrer en CE2 en sachant bien lire, en maîtrisant les nombres et les premières opérations, en étant capable de rédiger un texte de quelques lignes”. “Près de la moitié des élèves ont même d’excellents résultats (44% en français et 47% en mathématiques)”, précise le ministère.

Parmi les 25% d’élèves “qui n’ont pas encore toutes les compétences attendues” le ministère note 18% d’élèves en français et 15% en mathématiques ayant des acquis “encore fragiles (…) qui doivent être soutenus”. Et 9% des élèves en français, 10% en mathématiques, ont des “difficultés plus lourdes (qui) relèvent de dispositifs d’aide plus importants”.

“Dès le début du mois de juin, les maîtres ont pu informer chaque parent des résultats de son enfant”, précise le ministère vendredi dans un communiqué. “Ce dialogue permet de mieux expliquer les attentes de l’école et de présenter les dispositifs mis en oeuvre pour aider chaque élève. C’est en effet à partir de l’analyse des réponses de chaque élève, de la description précise des réussites et des difficultés, que les équipes enseignantes préparent la rentrée”.

Selon le ministère, “les maîtres de CE2 disposent désormais d’un ensemble complet d’informations sur les points forts et les points faibles de chaque élève qu’ils accueilleront à la rentrée”.

“Ceux chez qui des faiblesses ont été détectées et analysées recevront, dès la rentrée, des aides immédiates: travail adapté au sein même de la classe, aide personnalisée, aides spécialisées le cas échéant”, assure le ministère. AP

http://tempsreel.nouvelobs.com/

Convergence des luttes : Communiqué du Collectif ” Ouvrir les yeux ” et du “Comité de Vigilance Antifasciste 62″

3 juillet 2009

Hénin-Beaumont : Barrons la route au Front National

Le Collectif des Citoyens ” Ouvrir les Yeux ” d’Hénin-Beaumont et le Comité de Vigilance Antifasciste 62 se mobilisent pour faire barrage à la liste Front National de Steeve Briois et de Marine Le Pen. Ils ont décidé d’unir leurs efforts et appellent à deux initiatives solidaires et complémentaires :

Manifestation vendredi 3 juillet à 12h00 au départ de la mairie d’Hénin-Beaumont

Rassemblement samedi 4 juillet à 15h00 devant la mairie.

Parce qu’ensemble nous serons plus forts, faisons Front au Front, soyons nombreux vendredi 3 et samedi 4 juillet pour dire NON au FN

à Hénin-Beaumont et ailleurs !

« Les orphelins de 16 heures » : autopsie d’un mensonge

3 juillet 2009

Depuis la rentrée 2008, les mobilisations dans l’Éducation nationale n’ont pas faibli et attestent de l’ampleur des attaques : réforme du lycée et de l’université, disparition des RASED… Mais qu’en est-il donc du collège, le « maillon faible » ?

Loin d’être épargné par les suppressions de postes, le collège vit une révolution silencieuse difficilement médiatisable tant les attaques se font sournoises. De petits coups de boutoir finiront par avoir raison de l’édifice actuel (certes non exempt de critiques). Le tableau des réformes s’inspire de l’enseignement supérieur. On y trouve la mise en place de la loi Fillon, sur le socle commun, prévue à la rentrée 2009, l’autonomie renforcée des établissements et son corollaire, le renforcement du pouvoir du chef d’établissement, ou encore le pilotage par des conseils pédagogiques sur fond de contractualisation des moyens. Mais le détonateur n’y est pas encore : la réforme des statuts. Gageons que son temps viendra. Des mesures à première vue anodines, voire anecdotiques menacent le collège. Regardons de plus près la mise en place de l’accompagnement éducatif qui illustre assez bien la méthode et l’idéologie du gouvernement.

La « communication » comme moyen de gouvernance

Le dispositif d’accompagnement éducatif (AE) a été mis en place en 2007 dans les collèges d’éducation prioritaire puis étendu à l’ensemble des collèges à la rentrée 2008. Pour contourner l’opposition des personnels (qui n’ont jamais été consultés sur ce sujet ni aucun autre de façon sérieuse), le ministre Darcos prend l’opinion à témoin en faisant pleurer dans les chaumières sur ces enfants livrés à eux-mêmes que l’Éducation nationale prendra désormais en charge : il s’agit de ces fameux « orphelins de seize heures ». La bataille de l’opinion étant gagnée avec l’appui des médias, il suffisait de faire adopter la mesure au Parlement, toujours avec les mêmes arguments en faveur de « l’égalité des chances ». C’est ainsi que la circulaire de rentrée 2007 a précisé la mise en œuvre de l’AE : « il est demandé aux collèges de mettre en place un accompagnement éducatif hors temps scolaire (….). D’une durée indicative de deux heures, cet accompagnement sera organisé tout au long de l’année en fin de journée après la classe, quatre jours par semaine. L’organisation de cet accompagnement éducatif répond à la fois à une forte demande sociale de prise en charge des élèves après les cours [...]. » [1]. Cette mesure a mobilisé 140 millions d’euros en 2008 et a ainsi permis aux fonctionnaires de l’Éducation nationale de « travailler plus pour gagner plus » en consacrant 43 millions à la rémunération d’heures supplémentaires, ce qui est loin d’être une mesure de revalorisation du métier comme l’avait pourtant promis Nicolas Sarkozy dans sa « Lettre aux Éducateurs » [2].

Cette mesure coûteuse a été financée par les économies faites avec les suppressions de postes (notamment les options artistiques confiées à des animateurs au plus grand mépris des élèves les plus défavorisés).

La réalité sur le terrain

L’accompagnement éducatif est difficile à mettre en place en raison de nombreuses contraintes matérielles : c’est notamment le cas pour les établissements ruraux qui accueillent des élèves soumis aux ramassages scolaires. Le ministère en est informé, mais au lieu de renoncer à une mesure inapplicable et qui gaspille l’argent public, il opère un tour de passe-passe afin de ne pas contredire une promesse présidentielle. La circulaire de rentrée 2008 décline la mise en œuvre comme suit : « d’une durée indicative de deux heures, il est organisé quatre jours par semaine tout au long de l’année, de préférence en fin de journée après la classe » [3]. Il a suffi de rajouter deux mots  de préférence  pour que « tout devienne possible ».

De fait, l’AE se déroule en cours de journée, par exemple sur des heures d’étude, surtout entre midi et deux. Les « orphelins de seize heures » le resteront, et n’auront servi qu’un temps au Ministre pour qu’il « communique ».

Pourtant, lors de l’examen du budget 2009, ce dernier persiste : « l’accompagnement éducatif après la classe fonctionne parfaitement et est à présent déployé dans tous les collèges et dans les écoles de l’éducation prioritaire. Ce dispositif innovant qui permet aux élèves de rester dans les établissements en fin de journée concerne à présent 7000 collèges et 5000 écoles…. » [4]. De deux choses l’une, soit le Ministre ignore ce qui se passe dans son ministère, soit il ment. Quoiqu’il en soit, la « com » fonctionne, tout se passe comme s’il suffisait qu’une idée soit martelée pour qu’elle soit vraie.

Le Coût et la finalité du dispositif

Les représentants de la Nation ont donc adopté, sur la base du dogme, le projet de loi des finances 2009 : 323 millions d’euros sont consacrés à l’AE. 115 millions d’euros (soit un cinquième des 503 millions économisés par les suppressions de postes) sont redistribués aux personnels enseignants sous la forme d’heures sup. Une part non négligeable, 54 millions d’euros, est attribuée aux collectivités et aux associations : leurs personnels peuvent en effet intervenir dans le cadre du dispositif.

C’est ainsi que l’on externalise peu à peu les missions de service public, remplaçant l’enseignement par de l’animation, que l’on réduit l’engagement de l’État, transféré aux collectivités et que l’on parvient à faire des économies substantielles. Le dogme de la réduction des dépenses publiques et la mise en concurrence tout azimut

Si un enseignant perçoit 36,88 € pour une heure d’accompagnement éducatif (taux de l’heure supplémentaire), les autres « personnes » (dixit le décret) ne perçoivent que 15,99€ [5] Le chef d’établissement qui a toute autorité à mettre en place des dispositifs d’AE dans son établissement aura donc tout intérêt à recourir aux « personnes » extérieures pour doubler son « offre », d’autant qu’il sera fortement sollicité par les acteurs d’un monde associatif en mal de subventions. Les UNSS ainsi talonnées par les associations se voient contraintes de se soumettre au dispositif, sous peine de disparaître. Nous touchons donc, ici à l’un des aspects de la réforme commun à tous les services publics : la mise en concurrence des établissements. Mais il s’agit aussi de la mise en concurrence des salariés : comment justifier l’écart de rémunération allant du simple au double pour un même service rendu ? Les fonctionnaires qui s’engouffrent dans la brèche doivent mesurer l’effet boomerang de cette offre alléchante : outre qu’une telle injustice est indéfendable, elle permettra la stigmatisation du fonctionnaire nanti et privilégié dont le statut ne sera plus défendable à terme. Enfin c’est aussi une mise en concurrence des enseignants. Les enseignants ont toujours animé bénévolement des clubs (ciné, journal, lecture, photo, danse, théâtre, jeux, etc.) dans les collèges au moment de la pose méridienne. L’introduction du dispositif AE crée une tension entre ceux-là et ceux qui ont accepté d’être payés pour faire quelque chose de similaire. Une logique mercantile remplace les valeurs de l’engagement et nombre de clubs animés bénévolement deviennent des dispositifs rétribués. Pour les enseignants acceptant au moins 3 heures supplémentaires par semaine, une prime de 500 euros est offerte : c’est dire combien le gouvernement met le prix fort quand il s’agit de corrompre l’esprit du service public.

Lorsque Xavier Darcos parle de « dispositifs innovants », l’innovation se résume au final à l’introduction de critères marchands. C’est ainsi que le libéralisme et ses dogmes s’imposent dans nos collèges.

Cette politique neutralise de surcroît les revendications salariales collectives, elle individualise les salaires et sape l’engagement syndical.

Tout ceci ne peut mieux illustrer les propos de Philippe Meirieu dans sa lettre ouverte à Xavier Darcos : « cette politique est dangereuse [...] parce qu’elle ne calcule jamais les coûts sociaux [...] de ses choix : [...] coût des conflits et des gaspillages provoqués par la concurrence attisée entre l’Etat et les collectivités territoriales, [...], entre les établissements et, peut-être bientôt, entre les enseignants eux-mêmes courant après les petits avantages que vous accordez aux uns et que vous refusez aux autres… C’est, d’ailleurs là, la véritable illusion du libéralisme [...]. On a vu ce que cela donnait dans le domaine économique et nous n’avons pas fini d’en payer le prix ! »  [6] On ne peut mieux dire.

En résumé, l’accompagnement éducatif n’est pas qu’anecdotique, il témoigne de la philosophie des réformes en cours, des dogmes et mensonges gouvernementaux. Il a coûté pour l’heure à la collectivité la bagatelle de plus de 300 millions d’euros financés par des suppressions de postes. Les enseignants et encore moins les élèves ne sont pas les bénéficiaires d’une mesure au fond seulement destinée à servir la « com » d’un Président sans cesse en « campagne » : « Je veux vous dire [...] que je suis décidé à faire en sorte que plus aucun enfant ne soit livré à lui-même une fois la classe terminée afin que vous puissiez achever votre journée de travail sans éprouver l’angoisse de savoir votre fils ou votre fille sans surveillance, sans encadrement »  [7].

Sud éducation Tarn

http://www.sudeducation.org/

[1] Circulaire no 2007-115 du 13 juillet 2007 – MENE0701447C

[2] Nicolas Sarkozy, Lettre aux Éducateurs, 4 septembre 2007 : « Je souhaite faire de la revalorisation du métier d’enseignant l’une des priorités de mon quinquennat [...]. Et, je m’y engage, les moyens qui seront ainsi dégagés seront réinvestis dans l’éducation et dans la revalorisation des carrières. »

[3] Circulaire no 2008-042 du 4 avril 2008 - MENE0800308C

[4] Intervention de Xavier Darcos à l’Assemblée nationale, séance du 4 novembre

[5] Arrêté du 21-1-2009 - J.O. du 23-1-2009

[6] Philippe Meirieu, [I]Lettre ouverte à Xavier Darcos [FIN I]– 27 décembre 2008 – http://www.meirieu.com

[7] Nicolas Sarkozy, Lettre aux Éducateurs, op.cit.

circulaire n° 2009-064 du 19-5-2009 : Enseignant, ton inspecteur est ton pilote et ton manager !

3 juillet 2009

Bulletin officiel  >  2009  >  n°22 du 28 mai 2009  >  Personnels Personnels I.A-I.P.R. et I.E.N.

NOR : MEND0910498C RLR : 631-1

circulaire n° 2009-064 du 19-5-2009

MEN - DE B2-2

Texte adressé aux rectrices et recteurs d’académie ; aux vice-recteurs

Conformément à l’article R. 241-19 du code de l’éducation, les corps d’inspections sont chargés de veiller à la mise en oeuvre dans les classes, les écoles et établissements, de la politique éducative définie par le ministre de l’Éducation nationale et des lois et règlements relatifs à l’action éducatrice de l’État.

Les inspecteurs affectés dans les académies sont placés sous l’autorité du recteur d’académie ou sous celle de l’inspecteur d’académie, directeur des services départementaux de l’Éducation nationale, pour les inspecteurs à qui a été confiée par le recteur la charge d’une circonscription d’enseignement du 1er degré en vertu des dispositions de l’article R. 222-12 du code de l’éducation.

Les corps d’inspection se voient confier prioritairement, par l’autorité académique, des missions contribuant à l’amélioration constante de l’acquisition par les élèves des savoirs et compétences définis par les programmes pour les différents niveaux d’enseignement.

Cadres supérieurs de l’institution scolaire, ils contribuent au pilotage du système éducatif et à l’atteinte par celui-ci des objectifs quantitatifs et qualitatifs fixés par le ministre et par la représentation nationale (LOLF). Experts de leur champ disciplinaire ou de spécialité les inspecteurs travaillent en relation fonctionnelle avec l’inspection générale de l’Éducation nationale, ainsi qu’avec l’inspection générale de l’administration de l’Éducation nationale et de la Recherche.

Le cadre de l’action des corps d’inspection : I.A.-I.P.R., I.E.N-E.T., I.E.N.-E.G., I.E.N.-I.O., I.E.N.-C.C.P.D., est le projet académique arrêté par le recteur. En fonction de ce projet le programme de travail académique (P.T.A.), défini par le recteur et le correspondant académique de l’inspection générale de l’Éducation nationale établit les priorités pédagogiques et éducatives de l’académie et fixe des objectifs quantitatifs et qualitatifs aux corps d’inspection en matière d’amélioration de la qualité des enseignements et des résultats scolaires.

Le P.T.A. précise ces objectifs par discipline ou spécialité, dans des territoires identifiés.

Chaque inspecteur se voit fixer, dans sa lettre de mission et pour une durée précisée, des missions prioritaires, reposant sur une analyse préalable de la situation des enseignements dans l’académie et dans les différents territoires, écoles et établissement qui la constituent.L’appréciation, par le recteur, de la manière de servir des inspecteurs est référée à la lettre de mission.

Le pilotage pédagogique

La compétence et la légitimité des corps d’inspection sont fondées sur la maîtrise de leur discipline ou de leur spécialité respective. Les inspecteurs procèdent à l’évaluation des enseignements, des écoles et établissements ou à celle de champs disciplinaires ou éducatifs : L’inspection individuelle des enseignants dans leur classe est essentielle pour vérifier la qualité de l’enseignement dispensé. Elle l’est aussi pour assurer le pilotage de l’action éducative dans l’académie. Elle permet une observation fine et une connaissance approfondie de l’état des disciplines et des activités de l’école ou de l’établissement. Elle vérifie le respect des programmes, l’application des réformes et mesure l’efficacité de l’enseignement dispensé en fonction des résultats et des acquis des élèves.

Toutefois, l’évaluation d’équipes disciplinaires ou pédagogiques, l’évaluation de niveaux ou de cycles, l’évaluation systémique d’unités éducatives, sont des formes d’interventions qui viennent désormais placer l’inspection individuelle dans une perspective de véritable pilotage pédagogique.

Ces formes d’interventions sont d’ailleurs aisément combinées avec des inspections individuelles. Elles peuvent aussi revêtir la forme d’audits interdisciplinaires, où l’inspection est un des éléments d’une évaluation plus globale. Ce type d’intervention est déclenché par l’autorité académique et a vocation à être systématisé.

Un soin particulier est apporté au suivi des évaluations nationales et à l’analyse des résultats aux examens. En la matière, l’expertise des inspecteurs ne se limite pas à dresser des constats. Les corps d’inspection ont le devoir de conseiller les professeurs, d’impulser et d’encourager les «bonnes pratiques». La liberté pédagogique dont bénéficient, pour organiser leur enseignement, les personnels enseignants de l’enseignement scolaire, dans le cadre notamment des dispositions des articles L. 921-1-1 et L. 311-3 du code de l’éducation, ne sera pas le prétexte de pratiques qui font obstacle à l’acquisition des savoirs. L’expertise déployée dans ce cadre s’exerce à l’échelle de la classe, de l’école ou de établissement, mais aussi sur des territoires plus vastes : circonscription du 1er degré, bassin, département, académie. Dans l’académie, elle conduit, selon une fréquence prévue par le P.T.A., à la rédaction d’un rapport sur l’état des disciplines ou spécialités, transmis au recteur et tenu à la disposition de l’inspection générale.

Le management

L’inspecteur conçoit ses interventions directes auprès du personnel enseignant comme un acte de gestion de la ressource humaine et éducative de l’académie. L’avis de l’inspecteur est sollicité par l’autorité académique dans tous les grands actes de gestion des personnels : titularisation,évaluation, avancement, promotion et affectation. Pour autant cet avis ne se fonde pas nécessairement sur une inspection, car celle-ci n’est pas l’unique moyen d’évaluation des professeurs. Il faut ici insister sur le rôle des conseillers pédagogiques et des professeurs chargés de mission auprès des inspecteurs. Ces personnels sont en mesure de fournir des éléments d’appréciation documentés sur l’activité des personnels enseignants. Les chefs d’établissements apportent eux-aussi au recteur et aux corps d’inspections des éléments d’appréciation sur la manière de servir des personnels enseignants au travers de la notation administrative.

L’inspection individuelle «de gestion», intervient, notamment, au début de la carrière d’un enseignant, mais également à l’occasion d’un «bilan à mi-parcours», ou si surviennent des difficultés, ou le cas échéant lorsque l’enseignant entend poursuivre sa carrière dans l’enseignement supérieur, dans la formation d’adultes ou dans l’encadrement. Il entre d’ailleurs dans les missions des inspecteurs de détecter les talents et de les promouvoir en lien avec les services de G.R.H. de l’académie, dans l’intérêt de l’institution.

Les corps d’inspection sont appelés à assurer la mise en place des formations d’adaptation à l’emploi des professeurs entrant dans le métier d’enseignant. Ils procèdent en tout état de cause à l’évaluation de la qualité de la formation des stagiaires et sont consultés sur leur première affectation si besoin est.

Dans le domaine de la formation continue des enseignants, l’inspecteur veille à ce que celle-ci soit conçue en sorte de produire une amélioration de la qualité professionnelle des personnels concernés. Le recteur peut confier aux inspecteurs des missions de conception, d’impulsion, d’animation ou d’évaluation du dispositif de formation continue des enseignants et C.P.E., en lien étroit avec les universités en tant que de besoin.

Le conseil

En application des articles R. 241-20 et R. 222-12 du code de l’éducation, l’inspecteur peut être sollicité par le recteur pour des missions de conseil : conseil aux chefs d’établissement, conseil aux inspecteurs d’académie D.S.D.E.N., conseil au recteur ou à ses services, participation aux instances académiques. Enfin les inspecteurs peuvent également, à la demande des inspections générales ou des autorités de l’éducation nationale, participer à des jurys de concours ou participer à des groupes d’experts. Il sera veillé à ce que ces aspects de la fonction des inspecteurs n’obèrent pas inutilement leurs missions essentielles de pilotage pédagogique.

Cette note de service abroge et remplace la note de service du 17 juin 2005.

Pour le ministre de l’Éducation nationaleet par délégation,

Le directeur de l’encadrement
Roger Chudeau

Réaction du SNUipp

Nouvelles missions pour les inspecteurs


L’évaluation des maîtres est modifiée ainsi que les missions des inspecteurs.

Les missions des corps d’inspection, jusque là définies par une note de service de juin 2005 publiée au BO n°25 du 30 juin 2005, viennent de connaître des modifications profondes qui vont bien au-delà d’un simple lifting. En effet, la circulaire n° 2009-064 du 19/05/2009 publiée au BO n°22 du 28 mai 2009 vient conclure l’ensemble des « réformes » engagées depuis deux ans en redéfinissant les priorités sur lesquelles les profs d’école vont désormais être évalué(e)s. Ce texte vient logiquement s’inscrire comme la dernière étape du travail de Darcos : refonte des programmes, aide personnalisée, évaluations CE1-CM2, remise en cause du paritarisme … il fallait bien s’assurer de la mise en oeuvre concrète de tout cela… Cette circulaire aura des conséquences au quotidien, pour l’ensemble des collègues.

Avant de l’examiner plus précisément, notons que :

* les missions des Inspecteurs étaient précédemment présentées en quatre grands chapitres : évaluation ; animation et impulsion ; formation ; expertise. Il n’en reste que deux aujourd’hui, dont la dénomination est très évocatrice : « pilotage pédagogique et management ». * la mission d’inspection individuelle des enseignants était extrêmement détaillée dans le texte de 2005 qui allait jusqu’à préciser qu’elle comportait un entretien, qu’elle entraînait un rapport et une note. Plus aucune précision de cet ordre dans le texte d’aujourd’hui. * l’inspection était précédemment définie comme un acte de « contrôle et de conseil », comme une « appréciation des compétences, du respect des programmes, de l’implication dans le fonctionnement de l’école ».

La lecture de la suite montre qu’il n’est pas inutile de le rappeler.

Ce que dit la nouvelle circulaire

Pilotage pédagogique :

* « L’inspection individuelle des enseignants dans leur classe est essentielle pour vérifier la qualité de l’enseignement dispensé. * Elle l’est aussi pour assurer le pilotage de l’action éducative dans l’académie. * Elle permet une observation fine et une connaissance approfondie de l’état des disciplines et des activités de l’école ou de l’établissement. * Elle vérifie le respect des programmes, l’application des réformes et mesure l’efficacité de l’enseignement dispensé en fonction des résultats et des acquis des élèves.[...] * Un soin particulier est apporté au suivi des évaluations nationales et à l’analyse des résultats aux examens. * En la matière, l’expertise des inspecteurs ne se limite pas à dresser des constats. Les corps d’inspection ont le devoir de conseiller les professeurs, d’impulser et d’encourager les « bonnes pratiques ». La liberté pédagogique dont bénéficient, pour organiser leur enseignement, les personnels enseignants de l’enseignement scolaire, dans le cadre notamment des dispositions des articles L. 921-1-1 et L. 311-3 du code de l’éducation, ne sera pas le prétexte de pratiques qui font obstacle à l’acquisition des savoirs ».

Précision : les phrases reproduites ci-dessus sont, au mot près, issues de la circulaire.

Si certain(e)s collègues s’interrogeaient sur le sens du terme « pilotage pédagogique », celui-ci est clair : obéissance, obligation de résultats, respect et application des « réformes » sans état d’âme, « bonnes » pratiques…

Malgré cette conception très martiale de l’inspection, et à travers elle du métier même, il se pourrait qu’il puisse rester, par ci par là, d’irréductibles réfractaires à l’école libérale, compétitive et concurrentielle voulue et annoncée par le président de la République en septembre 2007 dans sa lettre aux éducateurs. Mais, Darcos, il a pensé à tout…

Management :

* « L’inspecteur conçoit ses interventions directes auprès du personnel enseignant comme un acte de gestion de la ressource humaine et éducative de l’académie. L’avis de l’inspecteur est sollicité par l’autorité académique dans tous les grands actes de gestion des personnels : titularisation, évaluation, avancement, promotion et affectation ».

On peut penser qu’à l’avenir, le changement d’échelon, la nomination sur un poste se feront donc aussi (surtout ?) après avis de l’inspecteur. Avis rendu bien sûr selon les critères énoncés plus haut mais aussi selon une « lettre de mission » écrite par le recteur d’académie aux inspecteurs afin de leur préciser leurs priorités. Sans oublier que « l’appréciation, par le recteur, de la manière de servir des inspecteurs est référée à la lettre de mission »…

Cette circulaire est donc bel et bien l’outil indispensable pour parachever la mise au pas de cette profession parfois frondeuse, toujours soucieuse de mener la réflexion sur son métier. Si les actes de désobéissance totale, partielle, publique, cachée se sont multipliés cette année sur les questions de l’aide personnalisée, des programmes ou des évaluations CE1-CM2, nous allons très bientôt sans doute avoir à réfléchir et agir collectivement sur la question de l’inspection…

Article publié le jeudi 18 juin 2009 sur le sire SNUipp 62.

http://62.snuipp.fr/

Pierre Frackowiak : Le développement de l’autoritarisme dans le premier degré du système éducatif.

1 juillet 2009

Le fait est que nous assistons à un développement de l’autoritarisme dans le fonctionnement du système éducatif au niveau du premier degré, que ce phénomène inquiétant est sans précédent dans l’histoire contemporaine, que les dégâts produits sont dores et déjà considérables. Si le successeur de M. Darcos ne corrige pas la trajectoire, avec élégance et détermination, dans les meilleurs délais possibles, la situation ne pourra que se dégrader. A terme, un éventuel projet alternatif démocratique et progressiste aura bien des difficultés à remettre le système en ordre de marche, même en faisant le pari possible de la confiance et de l’intelligence et même en y mettant les moyens en terme d’accompagnement et de formation. Les dégâts sont facilement perceptibles quand on connaît bien les écoles et le métier de professeur des écoles, que l’on n’accepte ni l’infantilisation qui conduit à une docilité apparente, ni les voiles pudiques qui protègent les fonctions, ni le conformisme qui crée la démobilisation ni la neutralité qui s’identifie au conservatisme. Comme dirait Dany Boon à propos du contenu de ses célèbres fricadelles, « tout le monde le sait, mais personne ne le dit ». Conflits et révoltes sont vite étouffés. La ouate institutionnelle les absorbe et les relativise. Les apparences tentent d’être sauves mais les déceptions, les découragements, les colères contenues demeurent et pèsent sur la vie des écoles et des personnes.

En une seule année scolaire, cette année 2008/2009, les éléments du développement de l’autoritarisme se sont fortement multipliés, la pression sur tous les niveaux de la pyramide s’est fortement accrue au point de devenir insupportable.

Pyramide et tuyaux d’orgue

Ce phénomène est amplifié au niveau du terrain par l’évolution des attitudes et comportements de la hiérarchie. Il y a toujours eu des cadres plus ou moins progressistes ou conservateurs, plus ou moins zélés, plus ou moins serviles, plus ou moins ambitieux pour eux-mêmes, plus ou moins sensibles à l’air du temps. Depuis 2007, même ceux qui ne sont pas atteints par ces défauts ou ces faiblesses sont aspirés dans la spirale et exécutent. Ils se donnent bonne conscience en invoquant la loyauté, en recherchant des points positifs dans les politiques même les plus régressives, voire en contribuant à rechercher les preuves de leur pertinence et de leur efficacité. Certains accentuent le phénomène et vont bien au-delà des exigences formellement exprimées par l’institution, ajoutant de la paperasse à la paperasse, multipliant les enquêtes et les contrôles, allant au devant des attentes du pouvoir. On peu ranger dans cette catégorie, ceux qui demandent des sanctions, des retraits de salaire, des déclarations sur l’honneur alors même que leurs supérieurs conseillaient plutôt le dialogue. Ceux qui inspectent systématiquement le soutien, ceux qui exigent que chaque élève pris en soutien fasse l’objet d’un PPRE (projet personnalisé de réussite éducative de 4 pages au moins, lancé antérieurement dans un autre contexte). Le ministère interrogé par le site ToutEduc  déclare qu’il n’y a pas eu d’instruction officielle formelle allant dans ce sens. C’est donc que les hiérarchies intermédiaires ont anticipé, interprété, renforcé, au-delà des instructions du sommet.

Le phénomène s’étend par les effets « tuyaux d’orgues » à tous les échelons de la pyramide. Les directeurs et directrices deviennent plus obéissants en apparence mais répercutent les ordres et consignes, parfois en les renforçant. Au nom de l’inspecteur, ils exigent. Ils filtrent les remontées de réactions pour protéger l’image de leur école, ils évitent de transmettre les protestations individuelles. Parfois, ils utilisent l’échelon supérieur pour pouvoir imposer des décisions personnelles qui n’ont pas fait l’objet d’actes formels de l’inspection ou ils menacent « de le dire au chef ». Il faut beaucoup de courage et de personnalité pour ne pas se replier dans le moule. La résignation s’installe. Les pratiques de contournement s’accentuent. On donne les réponses que l’on suppose attendues. On remplit notices et questionnaires comme on peut. On accepte, sans rechigner, d’être prévenu de la date de son inspection selon des pratiques qui scandaliseraient toutes les autres professions sans exception : « vous serez inspecté entre le 1er et le 8 ou le 15 du mois et vous m’enverrez une notice de renseignements préparatoire à l’inspection de 7 pages » avec des items que seul le rédacteur de la notice peut comprendre ». On reste sagement assis trois heures et plus, même quand les réunions qui se multiplient ne servent à rien ou sont terminées en bien moins que trois heures mais il faut « faire le temps » affiché.

Le phénomène gagne des conseillers pédagogiques qui ont parfois tendance à être encore plus exigeants que les inspecteurs et à effrayer les enseignants en décrivant les attentes du chef. Il gagne les maîtres formateurs, même ceux qui sont fraîchement intronisés, qui traitent les étudiants, les élèves professeurs, soit au cours de leur visites soit au cours des présentations de mémoires professionnels, comme des gamins, avec une assurance et des certitudes, confortées par leur certificat, que l’on aurait de la peine à imaginer si l’on n’accumulait pas les témoignages. Mais tout va bien, personne ne s’occupe de la qualité des relations entre chefs, sous-chefs, formateurs et acteurs et personne n’ose mettre en cause publiquement l’attitude du niveau immédiatement supérieur. La ouate institutionnelle absorbe et tout le monde s’en accommode en apparence mais les souffrances et parfois les humiliations demeurent prêtes à se réveiller et à éclater.

Les facettes de l’autoritarisme

On objectera qu’il ne faut pas exagérer, caricaturer, généraliser abusivement, que tout cela a toujours existé mais à la marge. Je pense que, même à l’époque où c’était peut-être à la marge, ces pratiques, auraient pour le moins, dues être mises à l’étude, que le droit à l’expression libre, au respect, à la pensée divergente, à l’indignation, devant une hiérarchie réelle ou factice, est un droit inaliénable. Et je constate, un peu partout en France, que ce qui était peut-être à la marge s’est fortement généralisé au cours de cette année. Il faut dire que bien des éléments y ont contribué, parfois sournoisement, subrepticement, parfois très clairement et fortement :

* L’obligation de dire urbi et orbi, au nom de la loyauté dont on n’avait jamais autant parlé, et de prouver que les nouveaux vieux programmes sont dans la continuité des précédents, qu’ils sont bons, plus simples, plus clairs, plus compréhensibles… Toute la pyramide a été mobilisée de l’inspection générale qui a accepté de dire tout et son contraire à quelques mois d’intervalle aux recteurs, IA, IEN, directeurs. Les sondages d’opinion aidant, l’idée que ces vieux programmes sacrifiaient l’intelligence au profit de la mécanique par exemple, est devenue incongrue. Ces programmes ont pourtant été condamnés par l’immense majorité des spécialistes et des pédagogues. Rien n’y fait.

* Les retraits de salaire importants qui ont frappé les enseignants « désobéisseurs » sont une mesure sans précédent. Elle est choquante dans la mesure où ces enseignants usant de la liberté pédagogique inscrite dans la loi, n’ayant pas abandonné leur poste durant les heures affectées à l’aide personnalisée (le soutien) mais ayant pris en charge les élèves sous d’autres formes que les exercices mécaniques dont on sait qu’ils constituent  l’essentiel du temps dévolu au soutien (du bled et des opérations). Ce soutien imposé qui alourdit la journée scolaire déjà trop longue, qui est placé le matin, le midi ou le soir au gré des circonstances sans le moindre regard sur l’intérêt réel des élèves, alors que les autres enfants ne sont plus dans les locaux scolaires, est un non sens. Mais les enquêtes bien orientées et les sondages diront que c’est bien. Comment dire que ce n’est pas bien alors que l’intention affichée paraît si généreuse : l’honneur de la République selon certains discours très habiles.

* Les sanctions (réprimandes, pressions, blâmes, menaces), les demandes de déclaration sur l’honneur (un comble !) pour obtenir les primes liées à la réalisation des évaluations CM2 et CE1, très contestables et contestées, ont complété un dispositif de type répressif nouveau à l’Education Nationale. On peut se demander si la prochaine étape ne sera pas une réduction des salaires des inspecteurs dont une partie des écoles placées sous leur responsabilité n’auraient pas fait les évaluations et répondu aux enquêtes. Il n’est pas sûr d’ailleurs que les inspecteurs zélés qui se sont mobilisés pour préparer les demandes de sanction ont bien mesuré que ce système pouvait être appelé à s’appliquer à eux-mêmes. Leurs syndicats non plus…
* L’obligation d’organiser la semaine scolaire sur quatre jours sans concertation, sans réflexion préalable collective avec les partenaires de l’école sur le temps de l’enfant, sur les possibilités de projet éducatif global, est apparue comme une mesure autoritaire. Premièrement, il a été interdit d’utiliser le samedi matin, ce que l’on pouvait comprendre dans la mesure où la décision avait été prise d’abord pour séduire l’opinion publique nonobstant l’intérêt des enfants ; Deuxièmement, tout a été fait pour éviter d’utiliser les mercredi matin. Les écoles et les communes qui ont réussi à faire accepter un projet dans ce sens ont fait preuve d’héroïsme car les pressions des IA étaient fortes et en cascade pour l’éviter. Ils ne l’ont pas fait sans consignes. Le ministre déclare aujourd’hui qu’il n’a jamais interdit d’utiliser le mercredi et que l’on peut toujours le faire, admettant à nouveau l’intérêt des projets éducatifs locaux initiés par les mairies… On sait que c’est faux… On sait même que c’est quasiment irréversible sauf à faire preuve d’un autre autoritarisme. L’habileté suprême a été de conduire les enseignants à considérer les 4 jours comme un avantage acquis et à s’opposer à toute tentative de revenir sur l’organisation de la semaine et de la journée. « Touche pas à mon mercredi ! » est devenu un slogan qui crée de vives tensions entre parents et enseignants. L’exemple du beau projet éducatif global de la ville de Lille sur quatre jours et demi est significatif et illustre bien la nocivité de la stratégie de M. Darcos. Impossible à mettre en place sur les quatre jours obligatoires et impossible de remettre en place les quatre jours et demi malgré un travail de communication et de débats dans tous les quartiers de la ville.

* Le pilotage par les résultats et l’évaluationnite galopante, les feuilles de route, les tableaux de bord, les stats, pourcentages, courbes et camemberts, etc, contribuent à déshumaniser l’acte éducatif. Il devient plus important de réussir à afficher de bonnes évaluations qu’à bien faire l’école. On évacue tous les autres paramètres de la réussite : la stabilité de l’équipe, le taux de présence de l’enseignant et la qualité du remplacement en cas d’absence, le contexte social, les accidents et incidents qui pourrissent la vie, la richesse ou la pauvreté de l’environnement… On remédie ponctuellement sans avoir d’abord médié. On se complaît dans l’apparence et l’illusion sans trop s’interroger. Bientôt surgiront à nouveau les concepts usés de handicap social, de l’égalité des chances, de l’insuffisance du travail à la maison et de l’implication des familles, avec l’idée de la fatalité, avec la culpabilisation de l’élève et de sa famille, avec la transformation douce des victimes en coupables.

* Les rappels à l’ordre incessants, les culpabilisations et les leçons de morale sur l’intérêt des élèves, la politique de la carotte et du bâton (les primes et les retraits de salaire), le renforcement de l’autorité des inspecteurs soumis à des pressions considérables (voir la nouvelle note de service à propos de leurs missions, qui veut les transformer en contrôleurs et managers ou pilotes), l’inflation de paperasse (circulaires, notes, enquêtes, demandes de comptes-rendus), tout cela a eu des effets désastreux dans les écoles : démobilisation, conflits internes, tensions avec les parents, abandon de l’esprit d’initiative, perte du goût de l’expérimentation….

Pas de précédent dans l’histoire contemporaine

Les réalités sont là, incontestables. Une véritable enquête indépendante le mettrait en évidence et serait salutaire, mais elle coûterait cher. Payée par le pouvoir, une telle enquête perdrait tout son sens. Quelques travaux universitaires sur ces questions pourraient lever des voiles s’ils ne restaient pas confidentiels. Les valets diront que, sur leur territoire, c’est bien différent et que si cela existe, cela ne peut-être que sur le territoire voisin.

Ces réalités sont sans précédent.

Lorsque le ministère a lancé le tiers temps pédagogique qui constituait à l’époque, en 1969/70, une véritable réforme de l’école, personne n’a jamais pensé sanctionner ceux qui ne l’appliquaient pas, ne faisaient pas l’éducation physique ou les activités d’éveil, continuaient à faire des leçons de choses et du b-a ba, consacraient 90% du temps scolaire au français et aux maths et une grande partie de ce temps à des exercices d’application, d’entraînement, de mémorisation et de contrôle. Pas une seule sanction.

Lorsque le ministère a mis en place une nouvelle loi d’orientation, celle de 1989, qui instituait le projet d’école, les cycles, des programmes en termes de compétences et plus en termes de sommaires de manuels, le livret scolaire, aucun enseignant n’a été sanctionné. Personne ne l’avait envisagé. Le nombre de désobéisseurs a pourtant été considérable, même chez des cadres conservateurs qui prônaient la superposition des pratiques nouvelles (le livret scolaire) aux pratiques anciennes (notes, compositions, classements). Même ceux qui affichaient leur désaccord ou leur scepticisme n’ont pas été rappelés à l’ordre. Peut-être ces ministères de droite et de gauche ont-ils eu tort de ne pas sévir… On peut se poser la question. Mais on sait que l’autoritarisme ne peut en aucun cas garantir le progrès.

Ce qui est très préoccupant en cette période très difficile pour l’école, c’est l’absence ou la faiblesse des réactions. Les organisations syndicales sont très embarrassées. Elles ont toujours quelque chose à négocier avec le ministère, toujours des avantages à conquérir, même quand la crise et la volonté de réduire la dépense publique rendent les victoires dérisoires. Elles sont toujours en compétition entre elles et le degré de leur détermination sur les problèmes fondamentaux de l’école est lié à la concurrence au point de les conduire parfois à perdre leur âme. Les partis politiques font preuve d’une grande frilosité sur les questions éducatives depuis une vingtaine d’années et se réfugient, quasi exclusivement sur les questions quantitatives qui clivent sans aucun doute mais qui permettent d’occulter les questions fondamentales de la place de l’école dans la société, de la construction d’une école pour le 21ème siècle, des programmes, des missions et du temps de travail des enseignants, de l’évaluation, du bonheur d’apprendre et d’enseigner.

On pourrait cependant penser, en se conformant au discours officiel, que tout ayant échoué jusqu’alors, il faut bien essayer autre chose, par exemple, effectuer, comme c’est le cas, une vaste marche arrière, et, autre exemple, renforcer, comme c’est le cas, l’autoritarisme à tous les niveaux. Ces deux pistes sont condamnées à l’échec malgré toute la bonne volonté de leurs zélateurs.

Pour la première, il n’existe aucun domaine de la vie d’une société où pour résoudre un problème d’aujourd’hui ou de demain, on reprend les solutions d’hier ou d’avant-hier qui avaient d’ailleurs fait la preuve de leurs insuffisances et justifié les réformes. Cette évidence est décrite dans de nombreux ouvrages pédagogiques sérieux. Le site de Philippe Meirieu propose de nombreuses réflexions intéressantes sur ce thème. Rappelons que tout n’a pas échoué, loin de là, et que les mesures prises depuis un an sont toutes, sans exception, régressives.

Pour la seconde, l’analyse n’a pas été faite, sans doute parce que le phénomène est nouveau dans l’histoire contemporaine de l’école, mais aussi, parce qu’il se développe insidieusement, que ses manifestations sont vite absorbées par la ouate institutionnelle, que chaque échelon de la hiérarchie se protège, que le niveau du terrain reste largement marqué par une infantilisation et une déférence historiques que la vague des désobéisseurs, aussi significative soit elle, ne parvient pas à occulter. La parole reste toujours descendante, les échanges horizontaux ne sont pas opératoires et sont fortement contrôlés, le chef a toujours raison, les instruments du pouvoir perdurent (inspection traumatisante, notation, jugement, autorisation d’absence, absence de possibilité de remontées authentiques et de feed back vrai des réunions…). Ces problèmes existaient avant 2007, ils étaient toutefois en voie de lente réduction, ils sont relancés et renforcés fortement depuis cette année scolaire.

Dommages et problèmes

Les conséquences sont faciles à imaginer, elles sont incontestables si l’on veut bien prendre la peine d’écouter les gens, d’observer, de comprendre, d’analyser en quittant son statut de supérieur, si l’on prend le temps d’échanger sur les représentations du métier et du système de chacun… Mais plus personne n’a le temps. Le pilotage par les résultats ne laisse aucune place à la relation humaine et à la compréhension de la condition humaine. Le climat dans et autour des écoles s’est fortement dégradé. Lassitude, désenchantement, démobilisation, perte de l’esprit d’initiative, renforcement de la tendance à l’individualisme, déresponsabilisation, défaut d’idéal… Réponse formelle aux enquêtes et questionnaires. Tendance à améliorer les résultats aux évaluations. Ecœurement face à l’attitude consumériste d’un nombre croissant de parents et à la multiplication des procédures (plaintes, mains courantes) que l’on étouffe au nom d’un relativisme dévastateur et de l’obsession du «pas de vagues ». Comme l’écrivaient Emmanuel Davidenkoff et Brigitte Pérucca1 dans leur livre passionnant qu’il faut lire et relire, « La République des enseignants », parce que les questions qu’il traite sont aujourd’hui exacerbées :

« … L’école est avant tout en quête de sens. Pour les enseignants, la question des missions prime sur la revendication des moyens. Si les enseignants sont aujourd’hui orphelins de quelque chose, c’est bien d’un idéal politique. L’instituteur, le professeur de la fin du 19ème et du début du 20ème siècle n’étaient pas des notables au sens traditionnel du terme mais par le respect qu’ils inspiraient : ils étaient porteurs d’un projet politique et social qui les dépassait et les transcendait. C’est ainsi qu’ils ont réussi à alphabétiser des millions d’enfants de paysans et d’ouvriers, et ce face à la concurrence de l’Eglise. Un siècle plus tard, la France est de nouveau confrontée à l’impérieuse nécessité de retrouver une cohésion nationale enr intégrant tous ses enfants, y compris ceux issus de l’immigration. Les situations ne sont pas comparables, mais la réponse sera forcément de même nature : il s’agit de formuler un projet politique fort susceptible d’armer les nouveaux hussards de la République. Le brassage des générations qui s’annonce ancre cette question d’actualité dans l’histoire. »

Le modèle ultralibéral autoritaire ne saurait en aucun cas répondre à ce besoin et il le prouve chaque jour.

L’autoritarisme et le pilotage par les résultats, qui sont très liés dans la perspective ultra libérale en action, peuvent peut-être être efficaces dans l’industrie ou dans les banques. Dans le domaine de l’éducation, c’est l’intelligence et la sensibilité, la compréhension et l’accompagnement, la confiance et l’optimisme qui doivent prévaloir.

A paraître aux éditions la « Chronique Sociale », « Pour une école du futur. Du neuf et du courage » de Pierre Frackowiak avec une préface de Philippe Meirieu.

Le recteur de l’académie de Nice débouté

1 juillet 2009

Le Tribunal Administratif de Toulon vient de condamner l’Etat à verser la somme de 1000 euros à un directeur qui s’était vu retirer une journée de salaire sous couvert qu’il n’avait pas envoyé l’enquête administrative…

Le jugement peut servir :

Article 1 : “l’arrêté en date du 15 janvier 2007 par lequel le recteur de l’académie de Nice a décidé de prélever une retenue de salaire d’un trentième sur le traitement de professeur des écoles de Monsieur X au titre du mois de février 2007 est annulé.”

Article 2 : l’Etat versera à Monsieur X la somme de 1000 euros sur le fondement des dispositions de l’article L761-1 du code de la justice administrative…”considérant toutefois qu’il ressort des pièces du dossier que c’est en tant que directeur d’école et non en qualité de professeur des écoles que  monsieur X ne s’est pas acquitté de son obligation de service et qu’il en résulte qu’il est fondé à soutenir que le recteur de l’académie a commis une erreur de droit en opérant une retenue sur son salaire de professeur des écoles et non sur l’indemnité attachée à l’exercice des fonctions de directeur d’école et à obtenir pour ce motif l’annulation de la décision contestée.”

Pour les camarades qui  ont eu des retenues de salaires…à étudier sérieusement !

Convergence des Luttes : Hénin Beaumont - Appel de Bruno Lajara

1 juillet 2009

URGENT

citoyen, citoyenne, je vous le demande instamment, il faut venir ce soir et demain c’est important montrer qu’on est capable de se mobiliser !!!

Ne laissons pas le FN prendre notre ville, notre bassin minier !!!!

Ne baissons pas les yeux, ne rasons pas les murs !!!!

le meilleur moyen c’est le nombre !!!!

il faut tous être présent ce soir mercredi 1 juillet, permanence de 18 à 21 heures devant l’escapade

VENEZ, même 5 minutes, nous dire que vous serez là Vendredi.

le collectif de citoyens

“ouvrir les yeux”

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L’université du Poitou innove : Un master universitaire en lieu et place du CAPA-SH

1 juillet 2009

Au moment où le ministre X. Darcos engage la suppression de 3 000 postes de RASED,  la mastérisation des concours et de la formation ouvre la voie à la liquidation complète du CAPA-SH avec la création de masters concurrents au CAPA-SH.

L’université de Poitiers et l’IUFM de Poitou-Charente viennent d’éditer une plaquette de présentation du Master Intégration Personnes Handicapés et en Difficulté (IPHD). Ce master dont le thème est « Enseigner et éduquer : les publics à besoins éducatifs particuliers »  s’adresse à des « étudiants ou à des salariés en formation continue »

Une nouvelle étape est franchie dans la liquidation de la formation professionnelle initiale et continue des enseignants, avec la mise en place par l‘université de Poitiers et l’IUFM de Poitou- Charentes, d’un Master « Intégration des Personnes Handicapées et en Difficulté ».
Un master en concurrence directe avec le CAPA-SH

Ce master qui s’adresse, entre autre, « aux enseignants dans un établissement public ou privé du premier ou du second degré (classes ordinaires développant l’intégration ou classes spécifiques), aux enseignants nommés sur postes spécifiques d’accompagnement ou d’orientation d’élèves à besoins éducatifs particuliers » est en concurrence directe avec le CAPA-SH.
La reconnaissance de ce master universitaire modifierait donc en profondeur le recrutement et la formation  des enseignants spécialisés.

Actuellement, tout enseignant, fonctionnaire d’État, peut postuler dans le cadre de la formation continue pour recevoir une formation pour préparer le CAPA SH.

Cette certification reconnue nationalement, donne droit à l’enseignant d’obtenir une affectation sur un poste spécialisé correspondant à une des 6 options existantes A, B, C, D, E, F.
Tout enseignant titulaire du CAPA-SH perçoit, à ce titre, une bonification indiciaire ou une indemnité de fonctions particulières.

Cette certification permet de revenir à tout moment sur un poste non-spécialisé, selon les procédures et les règles encadrant le droit à mutation.
Avec le master IPDH les enseignants spécialisés sortent de l’Education nationale

Ce ne serait plus un concours national mais un diplôme universitaire à BAC+5, donnant compétence à enseigner à un public à besoins éducatifs particuliers, charge ensuite pour le diplômé de se faire recruter par les établissements scolaires autonomes (EPEP)…

Cela reviendrait dans les faits à différencier le recrutement les enseignants « généralistes » de celui des enseignants spécialisés ouvrant la voie à des affectations cloisonnées.
Ce serait le remise en cause pour un enseignant spécialisé titulaire de ce seul master de pouvoir enseigner dans une classe non spécialisée.

Ce master sortirait, de fait, l’enseignement spécialisé de l’enseignement ordinaire donc de l’Education nationale Dans ce cas tout serait permis en terme de statut, de rémunérations d’obligations de service …
Un master qui nie les 6 options du CAPA-SH

Ce master ne fait plus aucune référence aux différentes options du CAPA-SH qui correspondent aux besoins des élèves. C’est un diplôme fourre tout, avec une indifférenciation du handicap et du traitement pédagogique spécifique à apporter aux élèves en fonction de la nature et du degré de handicap dont ils sont affectés qui rejoint les récentes préconisations ministérielles

Le SNUDI-FO s’adresse au ministre pour obtenir la garantie du maintien dela formation CAPA-SH et de l’existence des différentes options du CAPA-SH

http://snudifo62.over-blog.com/